Découvrez l’iconique South Beach, la partie sud de Miami Beach, sa plage, mais aussi son quartier historique Art Deco, construit dans les années 30-40, et regorgeant de pépites architecturales qui en font le charme. Pour cette visite, sur une demi-journée ou une journée complète selon votre envie, nous vous proposons de suivre notre Circuit de Découverte de Miami Beach – South Beach, un document complet de 57 pages, qui propose un circuit d’environ 7 km de marche, avec un retour en bus gratuit. Il peut être raccourci de plusieurs façons, où on contraire étendu avec deux “détours” complémentaires de respectivement 2km et 1.5km. Le Circuit propose également des options de restauration, de location de vélo ou de kayak/paddleboard pour explorer la Biscayne Bay …
Une brève histoire de Miami Beach
Lorsque les premiers colons s’installèrent dans la région de Miami pour bâtir les premières fermes dans la seconde moitié du XIXème siècle, Miami Beach n’était qu’une barrier island, un banc de sable le long de la côte, et séparé du continent par un vaste lagon, la Biscayne Bay. Quasiment entièrement recouverte de mangrove, et accessible uniquement par bateau, l’île ne connut longtemps aucune exploitation commerciale, ni aucune construction, jusqu’en 1876 où un décret présidentiel finança le United States Life-Saving Service, une agence fédérale pour porter assistance aux naufragés le long des côtes américaines, ancêtre des gardes côtes américains. Il fut alors décidé de construire un refuge sur Miami Beach, la Biscayne House of Refuge, où les naufragés échoués sur l’île ou les récifs environnants pendant une tempête pourraient trouver refuge. Cette structure, construite au nord de l’île, fut finalement abandonnée au fur et à mesure que la région s’urbanisa, avant d’être emportée par un ouragan en 1925. Entre-temps, les premières exploitations commerciales de Miami Beach furent tentées à la toute fin du XXème siècle, avec des plantations de noix de coco (les cocotiers étant totalement absents de l’écosystème d’origine de Floride, ils ont tous été importés des îles caribéennes voisines), puis d’avocats. Les résultats furent mitigés, alors que la ville de Miami était fondée en 1896, et que la pointe sud de Miami Beach était percée d’un chenal, le Government Cut, pour permettre l’accès au nouveau port de Miami à l’intérieur de la baie. La famille Collins, qui possédait à l’époque les plus grandes plantations agricoles sur l’île, finit par comprendre l’intérêt touristique que pourraient représenter ces plages donnant sur l’Océan (dont Miami, sur le continent, était dépourvue). Alors que des bathhouses et des stands de nourriture commençaient à s’installer pour accueillir le flot croissant de baigneurs, véhiculé par ferry pour passer la journée à la plage, les Collins comprirent que le développement de Miami Beach nécessiterait un moyen d’accès plus simple et économique. Ils entreprirent la construction du Collins Bridge, le plus long pont en bois au monde (4 km), qui fut inauguré en 1913.
Inauguration du Collins Bridge en 1913
L’accès direct à Miami Beach en automobile lança l’essor économique de l’île : le premier hôtel (le Brown’s Hotel) ouvrit ses portes en 1915, alors que le sud de l’île commençait à être défriché, assainit, des rues aménagées, et que la surface totale de l’île ne cessait de croître grâce aux apports en matériaux dragués au fond de la baie pour la rendre plus navigable. Le nom de Miami Beach fut officialisé en 1915 lorsque la municipalité fut officiellement incorporée (créée). En 1925, le Collins Bridge fut remplacé par une construction plus solide, la Venetian Causeway, alors que des îles artificielles étaient progressivement ajoutées le long des ponts reliant Miami Beach au continent.
Les causeways pour Miami Beach en 1920
Sur la photo ci-dessus, prise depuis un avion en 1920, on peut voir sur la gauche le Collins Bridge avant son remplacement par la Venetian Causeway. Et sur la droite, la County Causeway (qui fut renommée MacArthur Causeway), une seconde voie d’accès à Miami Beach, dont la construction fut lancée en 1917 et achevée en 1920. On devine également les deux îles artificielles, Star Island et Palm Island, en cours de création. A titre de comparaison, voici la vue équivalente aujourd’hui, issue de Google Earth :
Les causeways pour Miami Beach aujourd’hui (vue Google Earth)
Dans les années 1920, les premiers grands hôtels s’élevèrent à South Beach, la portion sud de Miami Beach, comme le gigantesque Flamingo Hotel, construit face à Miami en 1921, juste à la sortie de la Venetian Causeway (il fut détruit dans les années 50).
Flamingo Hotel en 1922
Puis en 1926, un ouragan dévastateur frappa Miami et impacta durement Miami Beach. Ce fut la fin de l’ère des hôtels géants, et le développement de la station balnéaire dans les années 30 donna naissance à une myriade de plus petits établissements, construits dans le style art déco en vigueur avant la guerre. Le développement initial de l’île était loin d’être exempt d’un antisémitisme assumé : des hôtels comme le Flamingo refusaient ouvertement l’accès à leur établissement aux juifs. En 1935, alors que toute l’équipe de baseball des New York Giants débarquait en ville pour une rencontre et avait choisi le Flamingo pour loger, deux joueurs juifs de l’équipe se virent refuser l’entrée dans l’hôtel. Le manager des Giants menaça d’annuler toutes les réservations et de quitter l’hôtel, forçant la direction à réviser sa politique. A partir du milieu des années 30, les restrictions antisémites sautèrent une à une, et des investisseurs juifs commencèrent à investir massivement dans l’industrie hôtelière et touristique de l’île. Après la fin de la seconde guerre mondiale, Miami Beach accueillit un flot important de juifs en quête d’une vie plus paisible, loin de l’holocauste. La population de l’île explosa, d’autant plus que la révolution cubaine de Fidel Castro poussa également des milliers de Cubains sur les routes de l’exil, de nombreux d’entre eux s’établissant à Miami et Miami beach. Mais l’essor du transport aérien dans les années 50 ouvre de nouveaux horizons aux Américains en quête de sable blanc et de mers chaudes, dans les îles de Caraibes comme au Mexique. Miami Beach passe de mode, et sa population reflut jusque dans les années 80. A cette époque, il ne reste plus sur l’île qu’une population vieillissante, dont 60% de juifs, dans des quartiers qui sombrent progressivement dans l’abandon. La municipalité est persuadée qu’il faut une action volontariste pour relancer la destination, et rendre de nouveau Miami Beach compétitive par rapport aux resorts géants qui poussent plus au sud, notamment sur les plages du Mexique. Le plan est de raser les petits hôtels art déco pour permettre la construction de nouvelles barres de béton face à l’océan. Les résidents s’organisent pour sauver le patrimoine architectural unique de South Beach. Ils vont obtenir un coup de pouce d’Hollywood qui prend conscience de l’intérêt des charmes du quartier et de la météo clémente en hiver pour mettre en scène ses films et séries. Le succès de Miami Vice (deux flics à Miami) en 1984 braque les projecteurs du monde entier sur le quartier art déco de South Beach, qui redevient une destination branchée. Les hôtels art déco vieillissant sont rénovés, et accueillent une nouvelle clientèle avide de soleil, de néons et de soirées cocktails dans ces décors pastels. L’essor se poursuivra dans les années 1990-2000.
Circuit intégral : de South Pointe Park jusqu’au Lincoln Road Mall
Ce circuit est une longue boucle de 7km entre le South Pointe Park et le Lincoln Road Mall, avec un retour partiel en bus gratuit (pour gagner 2 km de marche). Il peut être prolongé juste avant d’explorer le Lincoln Road Mall par une boucle complémentaire optionnelle qui pousse jusqu’au Convention Center et au Holocaust Memorial (2 km de plus). Le tracé de la boucle principale est en bleu sur votre carte.
Option plus courte : si vous souhaitez le raccourcir, vous pouvez aller vous garer directement dans le parking public couvert sur la 7th Street, entre Washington Avenue et Collins Avenue (270 7th St, Miami Beach, FL 33139). Le coût est de 2$/h en semaine pour les 4 premières heures, puis 1$ de l’heure au-delà, Max 20$ pour 24h, 15$ la journée les vendredi, samedi et dimanche. Puis descendez la 7th Street vers l’océan jusqu’à Ocean Drive où vous pouvez prendre le circuit en route au niveau du Park Central Miami Beach. |
Option boucle complète dans le cœur du quartier Art Déco : si vous logez sur South Beach, vous pouvez évidemment découper ce grand circuit en plusieurs étapes et les répartir sur votre séjour. Dans ce cas, nous proposons à la fin du circuit un segment complémentaire qui permet de faire une boucle entre la 7th St et Española Way, en rajoutant un retour par Washington et Collins Avenue (tracé en orange sur votre carte). |
Commencez par aller vous garer sur le parking du South Pointe Park, sur Inlet Boulevard. Le tarif est de 2$ de l’heure, avec un maximum de 10h, et de 20$ le week-end pour la journée entière entre 6h et 20h. Traversez ensuite le parc vers le sud pour rejoindre le Government Cut. Ce chenal fut creusé en 1905 dans la pointe sud de Miami Beach, pour créer un accès direct depuis l’océan au port de Miami. En face de vous, de l’autre côté du chenal, se trouve Fisher Island, un îlot séparé du reste de Miami Beach par la percée artificielle du Government Cut. Très longtemps laissé à l’abandon, sans projet clair de développement, Fisher Island changea de nombreuses fois de propriétaire avant que de véritables travaux de viabilisation ne commencent dans les années 80. Depuis, de somptueuses propriétés puis des appartements de luxe ont poussé sur l’île, qui compte environ 500 habitants permanents, et est la localité avec le revenu par habitant le plus élevé de tous les Etats-Unis. Parmi les célébrités ayant des résidences sur Fisher Island, on trouve la star de la télévision Oprah Winfrey, l’actrice Julia Roberts, les anciens tennisman Boris Becker et Andre Agassi, ou le réalisateur Mel Brooks.
Longez le Government Cut vers le sud-est, en direction de la jetée qui prolonge le chenal et empêche les dépôts de sable dans le couloir maritime. Un ponton en bois, la South Pointe Park Pier, permet de s’avancer vers l’océan, offrant une vue dégagée de la plage de South Beach, tandis que les plus aventureux grimperont sur les rochers de la jetée pour prendre encore plus de recul.
Puis vous prendrez le sentier longeant la plage, en direction du nord. Sur votre droite, la Jetty Lifeguard Tower, la première des tours de guets des maîtres nageurs sauveteurs de Miami Beach. Aux nombres de 36, ces tours de guets en bois sont toutes uniques, arborant un design singulier et des couleurs éclatantes. La toute première, la plus au sud, la Jetty Lifeguard Tower est par exemple décorée comme un phare, avec des bandes couleurs rouges et blanches.
Jetty Lifeguard Tower
Sur votre gauche, les deux tours Continuum surplombent la pointe sud de South Beach. La première, la Continuum South Tower, aisément reconnaissable au disque à bordure orange qui la surmonte, fut construite en 2002 et offre des appartements de luxe avec vue panoramique sur l’océan sur 40 étages. La Continuum South Tower, un peu plus basse avec ses 37 étages, date de 2008. Les deux tours disposent d’un accès direct à la plage, ainsi que de gigantesques piscines “lagon” dignes d’un hôtel resort de luxe.
Continuum South et North Towers
Continuez le long de la plage jusqu’à la 1st street, en passant devant le Nikki Beach, le plus célèbre (et l’un des tout premiers) beach club de luxe de Miami. Créé en 1998 par l’entrepreneur self made man Jack Penrod, il propose une expérience de plage haut de gamme et branchée, avec des transats et des daybeds confortables, un bar et un restaurant, ainsi que des DJ en résidence ou invités. Le fonctionnement est celui d’un night club : vous payez principalement les consommations (chères), mais en fonction de l’emplacement que vous occupez (transat, day bed, etc…) un minimum de consommation vous sera facturé. Le cocktail se commande au verre (une quinzaine de $), en carafe à partager à deux ou trois, ou encore en saladier à 300$, à partager en mode private party. Jack Penrod, créateur du lieu, en a fait une marque désormais internationale, et a depuis ouvert des Nikki Beach dans le monde entier, de Marrakech à Marbella, en passant par Cannes pendant le festival. Il doit sa fortune initiale à McDonald : ayant démarré au bas de l’échelle comme simple équipier, il s’est hissé à la tête de son propre restaurant avant de devenir le plus gros franchisé de l’enseigne en Floride avec 15 restaurants. Il se concentrera ensuite sur le marché des beach clubs pour étudiants, accueillant jusqu’à un demi million de clients dans ses clubs de Fort Lauderdale pendant le Spring Break.
Prenez à gauche sur 1st street jusqu’à l’angle de Ocean Drive, l’artère principale du Miami Art Deco District. Sur votre gauche, les courbes épurées et stylisées du One Ocean Condominium, dont les appartements en façade sont entièrement ceinturés de baie vitrée et de balcons sur toute la longueur. Prenez à droite sur Ocean Drive. Immédiatement sur votre gauche, une façade détonne au milieu des ces immeubles modernes et stylisés : celle du Brown’s Hotel, entièrement en bois, le tout premier hôtel jamais construit à Miami Beach. Quand il ouvre à l’hiver 1915-1916, la ville de Miami n’a été officiellement créée que depuis 1 mois seulement. Des 36 chambres à sa construction, il n’en reste que 9 à l’étage supérieur, le reste du bâtiment étant occupé par un restaurant. Ce qui est plus difficile à imaginer aujourd’hui, c’est que cet hôtel était face à mer, juste au bord de la plage, comme l’atteste encore cette ancienne photo :
Brown’s Hotel à sa création
On peut constater aisément à quel point Miami Beach a au fil des années grignoté sur la mer pour augmenter considérablement sa surface originelle, et on comprend mieux pourquoi l’avenue s’appelle Ocean Drive, alors qu’aujourd’hui elle ne fait plus face à l’océan.
Juste à droite du Brown’s Hotel, le Glass Miami Beach est un immeuble résidentiel de luxe construit en 2015, et qui ressemble à un jeu de construction pour enfant, mais entièrement en bloc de verre transparent.
Continuez sur Ocean Drive jusqu’à l’angle de la 2nd St. Là vous bifurquerez en diagonale à droite à travers les pelouses du Marjory Stoneman Douglas Ocean Beach Park. Ce petit parc en bordure de la plage est dédié à la journaliste Marjory Stoneman Douglas. Née en 1890 dans le Minnesota, elle démarre sa carrière au Miami Herald, avant de rapidement devenir journaliste freelance. Elle dédie la première partie de sa vie au combat pour le droit de vote des femmes, puis tourne son intérêt sur la protection des espaces naturels menacés, et notamment des Everglades. Elle a 57 ans quand elle écrit en 1947 son ouvrage The Everglades: River of Grass, qui deviendra instantanément un best seller et ouvrira les yeux d’une génération sur l’importance des enjeux environnementaux dans un écosystème fragile comme celui des Everglades. Elle luttera successivement contre les efforts du gouverneur de Floride Napoleon Bonaparte Broward (Napoleon Bonaparte étant son prénom) pour drainer les Everglades afin de pouvoir en exploiter les étendues, puis contre l’usage des insecticides puissants et notamment du DDT dans les exploitations agricoles en amont des Everglades. En 1969, elle fonde l’organisation Friends of the Everglades pour fédérer les initiatives pour défendre les Everglades. Elle a alors 79 ans. Elle restera active dans l’organisation jusqu’à sa mort, quelque 29 ans plus tard, à 108 ans !
Rejoignez de nouveau le sentier qui borde la plage, et continuez vers le nord. Si vous voulez faire une pause pour vous baigner, cette section de plage est parfaitement adaptée, et vous pourrez vous doucher au niveau des 6th Street Public Restrooms, en bas du Lummus Park, avant de reprendre votre visite. A partir de la 5th Street, sur une hauteur d’une dizaine de rue, l’enfilade des hôtels de bord de mer est interrompue par un parc urbain tout en longueur, qui sépare les hôtels Art Déco de Ocean Drive de la plage. Traversez donc le Lummus Park pour revenir sur Ocean Drive au niveau de la 6th St. Les façades art déco, toutes plus belles les unes que les autres, se succèdent avec leurs noms d’hôtel évocateurs : le Fritz, le Barbizon, puis un peu plus loin, le Park Central Hotel, devant la façade duquel est le plus souvent garée une voiture ancienne aux couleurs pastelles. Construit en 1937, et dessiné par l’architecte new-yorkais Henry Hohauser (auteur d’une vingtaine d’édifices à Miami Beach, dont 6 hôtels à lui tout seul sur Ocean Drive), c’est le plus haut sur Ocean Drive. Ses lignes art déco sont soulignées de néons fluorescents dès la nuit tombée. Il fut à sa grande époque, l’hôtel préféré des stars d’Hollywood, de Clark Gable à Carol Lombard en passant par Rita Hayworth.
Park Central Hotel, carte postale des années 40
Le style Art déco, si ancré dans l’architecture américaine de la première moitié du XXème siècle, de New York à Miami, apparaît en réalité en France, un peu avant la Première Guerre mondiale, succédant à l’art nouveau (le style caractéristique des bouches d’entrées du métro parisien d’Hector Guimard). Il va ensuite se répandre à travers le monde à partir des années 20, et notamment aux Etats-Unis. Mais ce qui est fait le style dominant de Miami Beach est la survenue d’un ouragan dévastateur pour la ville de Miami en 1926. Miami Beach est pour ainsi dire rasée, et il faut presque tout reconstruire. Le style art déco, dominant à l’époque, s’impose alors dans toute la ville.
Après le passage du Great Miami Hurricane de 1926
Au fur et à mesure des constructions, une nouvelle variante du style art déco s’impose peu à peu, le Tropical Art déco, aux formes géométriques élémentaires et sobres et aux mélanges de couleurs audacieux. Au fil des ans, d’autres variantes apparaissent comme le Streamline Moderne (aussi appelé style paquebot), ou le Miami Modern (MiMo), le pendant du Mid Century Modern de Palm Springs sur la côte Ouest. Au total, ce sont près de 800 bâtiments de style art déco qui seront construits sur une vingtaine d’années, notamment sur Ocean Drive, Collins Avenue, et Washington Avenue.
Continuez sur Ocean Drive, traversez la 7th St. Sur votre gauche à l’angle de la 7th Street, le Avalon Hotel date de 1941 : quelques années après le Park Central, on dénote déjà un changement de style et l’arrivée des formes plus pures du Streamline Moderne. Il fut dessiné par l’architecte Albert Anis qui a signé 5 hôtels sur Ocean Drive et une quinzaine de bâtiments dans tout Miami Beach. Le Avalon fut utilisé comme décor pour de nombreux films, comme Scarface, Miami Vice, ou plus récemment Bad Boys 3. Juste à sa droite, le Beacon Hotel date pour sa part de 1937. Il jouxte un petit drugstore CVS, qui était encore dans les années 80 le Sunray hotel, utilisé comme décor pour une scène mythique du film Scarface de Brian De Palma avec Al Pacino. Ce film iconique des années 80 est un remake d’un vieux film noir américain, également intitulé Scarface, et retraçant l’essor d’un petit truand de Chicago, inspiré de la vie d’Al Capone (dont le surnom était justement “scarface”, le balafré, à cause d’une ancienne blessure au visage). Pour son remake, Brian de Palma choisit de transposer l’action dans les années 80, à Miami. Al Pacino y joue le rôle de Tony Montana, un truand expulsé des prisons cubaines par Fidel Castro qui profita de la fuite en bateau de dizaines de milliers de Cubains pour se débarrasser de ses criminels en leur permettant de rejoindre les Etats-Unis. Tony Montana connaîtra dans le film une ascension aussi brève que brutale dans le milieu du trafic de drogue de Miami. Dans la scène tournée ici-même, Tony Montana et sa petite équipe garent leur Chevrolet Impala décapotable en face du Sunray hotel (l’actuel CVS), et emprunte l’escalier extérieur (à l’époque peint en vert) à gauche du bâtiment pour monter à la première chambre du deuxième étage, où il doit rencontrer un trafiquant sudaméricain pour lui acheter de la cocaïne.
Séquestré dans la chambre d’hôtel par le vendeur qui cherche à le doubler, Tony Montana verra son acolyte se faire découper à la tronçonneuse sous ses yeux, avant d’être secouru par le conducteur de la décapotable qui était resté en arrière faire le guet. Tony poursuit l’agresseur à la tronçonneuse jusque dans la rue et l’abat devant les yeux ébahis des clients du Beacon Hotel. Sur le dernier plan ci-dessous, on peut reconnaître sur la droite un bout de la façade du Beacon, juste après la façade de l’Avalon, et l’immeuble plus haut, plus loin dans la rue, juste à droite de Al Pacino est le Park Central Hotel.
Vous pouvez voir la scène entière en vidéo sur YouTube.
Encore un peu plus loin sur Ocean Drive, le plus modeste Colony Hotel est un des tout premiers hôtels art déco dessiné par Henry Hohauser à Miami Beach, en 1935. Arborant une façade simple, son élément architectural marquant est assurément son enseigne lumineuse monumentale en néons, sur un T renversé qui s’élance sur toute la hauteur de la façade. Continuez jusqu’à l’angle de la 9th Street où se dresse le Waldorf Towers South Beach. Construit en 1937, ce fut l’un des tout premiers designs de Albert Anis après son arrivée à Miami depuis Chicago où il avait fait ses classes comme architecte. La façade arrondie dans l’angle pour pouvoir se prolonger sur la 9th Street est annonciatrice du virage progressif du mouvement art déco de Miami vers le Streamline Moderne, tout comme la structure de tour en forme de phare qui renvoie à la thématique maritime d’un courant architectural qu’on appelle en france le style paquebot.
Continuez sur Ocean Drive jusqu’à la façade imposante du Breakwater Hotel. Construit en 1936, l’hôtel se dresse tel un brise-lame face à l’océan (breakwater signifiant brise-lame en anglais), imposant une façade symétrique autour d’une pseudo tour centrale, qui fait dépasser l’enseigne monumentale en néon bleue. Juste à sa droite, à l’angle de la 10th St, le Edison Hotel est un exemple de style art déco plus rétro, avant la vague du Streamline et du néon. Il fut construit entre 1933 et 1935, sur un design de Henry Hohauser (probablement son tout premier à Miami). A noter que pendant la seconde guerre-mondiale, le Edison, comme beaucoup d’hôtels de South Beach, fut réquisitionné par l’armée américaine pour loger les futurs soldats en basic training. Après l’attaque de Pearl Harbour, la machine de guerre américaine se mit en branle à grande vitesse. Miami Beach fut transformée en un gigantesque boot camp où un demi-million de soldats reçurent leur formation de base. Les hôtels furent transformés en casernes, les piscines des hôtels utilisées pour les cours de sauvetage et de survie, les golfs en terrain de manœuvre et la plage en champ de tir.
Juste en face du Edison Hotel, se trouve le Art Deco Welcome Center, qui est à la fois un Visitor Center pour la ville de Miami Beach, le point de départ pour de nombreuses visites guidées de South Beach, sur des thèmes variés allant de l’architecture à des sujets comme le Miami Beach juif ou gay. Ces visites sont impérativement à réserver en ligne à l’avance sur le site de la Miami Design Preservation League (ou MDPL). Cette association, fondée en 1976, oeuvra notamment à la reconnaissance du Miami Beach Architectural District comme un quartier historique protégé, et à la protection des nombreux hôtels art déco promis à la démolition dans les années 70-80. Le bâtiment abrite également un petit musée (7$ par personne, l’espace n’est pas très grand mais si vous voulez en savoir plus sur l’architecture de Miami Beach, cela pose de bonnes bases), ainsi qu’une boutique souvenirs.
Sur la droite du bâtiment, vous trouverez également une horloge iconique de South Beach, la South Beach Clock Tower, devant laquelle les touristes aiment se photographier et qui est surmontée d’un grand thermomètre à cadran. Ce thermomètre indique évidemment les températures sur l’échelle Fahrenheit, dont les deux points fixes de température sont le 0°, défini par la température de fusion d’un mélange d’eau salée, et le 96°, la température approximative d’un corps humain, le tout divisé en 12 unités de 8 degrés, soit 96 degrés.
Continuez à remonter Ocean Drive vers le nord. Tout de suite sur votre gauche après avoir traversé la 10th Street, le Clevelander Hotel est un hôtel iconique de South Beach. Construit en 1938 par l’architecte Albert Anis, pour le compte de la famille Ratner, originaire de Cleveland, ce magnifique hôtel est l’un des rares sur Ocean Drive à disposer d’un patio aussi vaste, occupé par une piscine et un bar extérieur signature, surmonté de son toit façon soucoupe volante. Il fut de ce fait beaucoup utilisé par le cinéma, et apparaît dans plusieurs épisodes de la série Miami Vice. Le soir, le patio se transforme régulièrement en pool party avec DJ, cracheurs de feu et autres go-go dancers. A noter que seul le bâtiment principal à droite de l’hôtel est d’origine. Le patio et le bâtiment arrière furent rajoutés dans les années 50, en supprimant le parking qui jouxtait auparavant l’établissement, comme la comparaison de cette carte postale d’origine et de l’agencement actuel le montre bien :
Encore un peu plus loin, la façade du Congress Hotel n’est sans doute pas la plus spectaculaire, ni la plus grande, mais elle concentre quasiment tous les attributs caractéristiques de l’art déco de South Beach : les fenêtres surmontées de pare-soleils en porte à faux “eyebrows” (sourcils en anglais) pour éviter à la lumière du soleil de pénétrer de manière trop directe dans les chambres et de chauffer trop les chambres en été. La symétrie centrale de la façade. L’utilisation de lignes géométriques sur la façade, généralement par 3. La frise en forme de vague juste sous le toit plat. Les motifs de colonne de part et d’autre de l’enseigne, qui se terminent en haut par une “frozen fountain” un des motifs les plus usités dans l’art déco depuis l’exposition de 1925 qui lance véritablement le mouvement des arts décoratifs. Le haut de la façade qui se termine en escalier, façon Ziggurat mésopotamienne.
Pour revenir sur le motif de la “frozen fountain” que vous allez retrouver un peu partout dans la décoration des façades art déco, il émerge comme un symbole du mouvement art déco, en 1925, à l’occasion de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, à Paris. Un des clous de l’exposition est la fontaine de verre (illuminée la nuit), présentée par le verrier Lalique, d’où des jets d’eau symétriques retombent en arc de cercle dans le bassin. Les multiples jets d’eau continus donnent l’impression d’une fontaine gelée où l’eau aurait été stoppée dans un arrêt sur image parfaitement symétrique. Ce motif sera repris dans tout le mouvement art déco, dans tous les matériaux (verre, bois, métal, stucco etc…), sur les façades, les éléments de décorations intérieur, les portes, les luminaires …
Continuez sur Ocean Drive. Après avoir traversé la 11th Street, sur votre gauche se trouve la Villa Casa Casuarina, autrement connue sous le nom de Versace Mansion. Construite en 1930, cette demeure est inspirée de l’Alcazar De Colon de Saint Domingue (le premier palais fortifié construit par le fils de Christophe Colomb au 16ème siècle). Mais elle est surtout connue pour avoir été la résidence du couturier italien Gianni Versace. Et c’est devant cette même façade qu’il a été assassiné par balle en 1997. Son meurtrier achève ainsi une cavale de plusieurs mois au cours de laquelle il aura assassiné 5 personnes en tout, avant de se suicider, acculé par la police après le meurtre de Versace. Ses motifs n’ont jamais été vraiment élucidés, sachant qu’il ne semblait pas connaître sa dernière victime, mais on pense qu’il est l’un des premiers meurtriers à avoir agi par souci de connaître la célébrité. Aujourd’hui, la Casa Casuarina opère comme un boutique hôtel de luxe, avec un espace piscine en mosaïque d’inspiration italienne de toute beauté.
Puis continuez jusqu’à l’angle de la 12th Street : ici vous constaterez que les passages piétons de l’intersection sont remplacés par une fresque au sol, évoquant un arc en ciel : le Rainbow Crosswalk marque l’ancien emplacement du Palace, un bar gay qui s’installa à cette intersection (au 1200 Ocean Drive) en 1988, à une époque où le quartier n’était que l’ombre de ce qu’il est aujourd’hui. Devenant très vite l’épicentre des nuits de la communauté homosexuelle de Miami, l’établissement marqua une génération et participa activement à la relance de South Beach comme une destination pour la fête et le monde de la nuit. Le Palace existe toujours, mais il a déménagé plus bas sur Ocean Drive, à côté du Congress Hotel devant lequel vous êtes passés tout à l’heure. A noter que le drapeau arc-en-ciel, étendard de la communauté gay militante aux Etats-Unis et désormais dans le monde, est né à San Francisco en 1978, à la demande de Harvey Milk, le premier politicien ouvertement homosexuel élu au conseil municipal de la ville. Durant les 11 mois qu’il passera dans les instances municipales de San Francisco, il arrivera à faire voter la première législation interdisant toute discrimination envers les homosexuels dans l’accès aux services municipaux, à l’emploi et au logement, avant d’être assassiné (ainsi que le maire de San Francisco) par le seul conseiller municipal à avoir voté contre le texte.
A droite de l’ancien emplacement du Palace, le Tides Hotel arbore une des plus hautes façades sur l’avenue. Quand il fut inauguré en 1936, c’était le plus haut bâtiment de tout South Beach. Si la plupart des hôtels ne dépassent pas 3 niveaux (un rez-de-chaussée et 2 étages), c’est que la réglementation à South Beach imposait dès le 3ème étage la construction d’un ascenseur. En raison du coût d’installation et de la place occupée par un tel appareillage, la plupart des hôtels choisirent de ne pas dépasser la limite de 3 niveaux.
Fait assez étonnant et rare, vous remarquerez que la façade du Tide Hotel n’est pas totalement symétrique, notamment sur la bas et le haut du bâtiment. En revanche, il respecte assez largement la règle de 3 de l’art déco, et on remarquera la présence de fenêtres à hublot au-dessus des portes, très caractéristique également du style art déco de Miami. On notera enfin la couleur légèrement saumon de l’encadrement des portes de l’édifice, qui révèle l’utilisation de pierre de corail des Keys.
Trois bâtiments plus loin, la façade jaune du Leslie Hotel ne laisse pas non plus indifférent. Puis juste à l’angle, le Carlyle Hotel apparaît dans le premier épisode pilote de la série Miami Vice. Sonny Crockett, dans sa première apparition à l’écran de la série, discute devant la balustrade de l’hôtel avec son coéquipier (joué par l’acteur Jimmy Smits qui faisait ses débuts, et finira par avoir lui aussi un rôle majeur dans une autre série policière à succès dix ans plus tard, NYPD Blue). Ce coéquipier sera ensuite assassiné dans le courant de l’épisode par une bombe dans sa voiture, conduisant Crockett à travailler avec un nouveau détective, Ricardo Tubbs, formant le duo explosif de la série. Sur les photos suivantes extraites de l’épisode, on peut reconnaître facilement les lieux. Sur le premier cliché, un danseur de hip hop s’adonne au breakdancing à l’angle de la rue : on reconnaît les colonnes du Cardozo Hotel de l’autre côté de la 13th St. Sur le second cliché, vous reconnaissez sans doute l’acteur de NYPD Blue Jimmy Smits, et derrière lui, les colonnes du Carlyle Hotel. Enfin sur la troisième photo, les motifs de la balustrade du Carlyle sont également clairement reconnaissables.
A noter que le générique de la série offrira un clin d’oeil à cette scène, avec une très fugace apparition du Carlyle Hotel, d’où deux filles en maillot de bain sortent pour descendre Ocean Drive (on reconnaît sur le cliché suivant extrait du générique la balustrade de l’hôtel) :
Enfin, le remake américain de la Cage aux Folles, avec Robin Williams est censé se dérouler dans les milieux gays de South Beach, et que le cabaret des deux personnages principaux, The Birdcage, n’est autre que le Carlyle Hotel comme vous pouvez le deviner sur cette photo extraite du film.
C’est d’autant plus amusant que le film a été quasiment intégralement tourné à Los Angeles, comme la plupart des productions hollywoodiennes, seuls quelques plans extérieurs ayant été tournés à Miami. La série Miami Vice a pour sa part été entièrement tournée à Miami.
Aujourd’hui, l’angle du Carlyle accueille un glacier, Icy-N-Spicy, qui propose des milkshakes aux goûts étonnants (Ferrero Rocher ? Kinder Bueno ?), des mochi glacés mais surtout des parfums de glace épicés qui font écho à l’origine asiatique (Sichuan) de la fondatrice. A tenter si vous êtes un aventurier du goût, mais attention, les prix sont raccord avec la localisation ultra branchée.
Traversez la 13th St. Le Cardozo Hotel et son angle arrondi caractéristique du style art déco de Miami fut inauguré en 1939 et dessiné par Henry Hohauser. Son nom est un hommage au juge Benjamin Cardozo, un des premiers juifs nommés à la cour suprême des Etats-Unis, qui venait de décéder un an auparavant seulement. Il est aujourd’hui la propriété de la chanteuse Gloria Estefan, la reine de la pop latine, qui connut son heure de gloire dans les années 90. Née à Cuba, elle grandit à Miami après que ses parents décident de fuir la dictature de Fidel Castro à la fin des années 50. Son père, farouchement anti-castriste, participera même à la tentative manquée de débarquement dans la baie des cochons. Gloria Estefan n’a jamais arrêté sa carrière de chanteuse, même si elle ne connaît plus le même succès depuis les années 2000, mais elle a réinvesti une bonne partie de ses gains d’artiste dans des hôtels ou restaurants à Miami.
A noter également, en bordure du Lummus Park, en face du Cardozo, le Barbara Baer Capitman Memorial rend hommage à une des figures de prou de la préservation du patrimoine architectural du quartier. Ayant passé l’essentiel de sa vie à New York, Barbara Baer Capitman déménage à Miami Beach après le décès de son mari en 1973. Elle tombe immédiatement sous le charme du quartier Art Deco de South Beach, pourtant en pleine décrépitude. Mesurant très vite la menace que les nouveaux projets de gros complexes touristiques font peser sur les anciens hôtels du quartier, elle se mobilise et crée la Miami Design Preservation League en 1976. Elle mènera de nombreuses actions, allant jusqu’à organiser des occupations de chantier pour bloquer les démolitions programmées, jusqu’à obtenir le classement de South Beach comme quartier historique protégé. Son fils continuera sont engagement en rachetant puis réhabilitant plusieurs établissements, dont le Cardozo.
Juste derrière le Cardozo, le Cavalier Hotel arbore une architecture simple, mais relevée de décorations de façades colorées et recherchées, toutes orientées dans la verticalité, attirant le regard vers le haut de l’édifice. Construit en 1936, c’est un des premiers hôtels de la période Art Déco construit sur Ocean Drive.
Continuez jusqu’à la 14th St à l’angle de laquelle vous trouverez le Winter Haven et ses étonnantes fenêtres alignées en zigzag au centre de la façade. Juste après, l’ancien Edgewater Hotel a été racheté par la chaîne de time sharing Marriott Vacation Club Pulse (avec un restaurant cubain désormais installé au rez-de-chaussé. Cet établissement jure par son style architectural de style néo-méditerranéen, au milieu des hôtels art déco dont il est pourtant le contemporain. Puis dans le prolongement, vous trouverez une succession de petits hôtels art déco très mignons : Penguin Hotel, Crescent Hotel, McAlpin Hotel ou encore Ocean Plaza.
Enfin, à l’angle de la 14th Place, le Betsy est l’un des derniers hôtels survivants du quartier construit dans le style architectural “Florida Georgian” des grands resorts de la fin du XIXème siècle, début du XXème siècle. Cette forme architecturale néo-georgienne ne fait pas référence à l’Etat voisin de Georgie, mais au style architectural anglais en vigueur sous les premiers monarques anglais de la Maison de Hanovre (George Ier, George II, George III et George IV). Il fut construit entre 1940 et 1942, et son nom honore Betsy Ross, une tapissière de la nouvelle-angleterre que la légende voudrait être à l’origine d’un des tout premiers designs de la bannière étoilée, où les étoiles sont disposées en cercle dans le carré bleu en haut à droite (design de drapeau que l’on appelle encore aujourd’hui un Betsy Ross Flag) :
Betsy Ross Flag
Le luxueux et important hôtel n’avait pas été inauguré depuis plus de 2 mois quand survint l’attaque sur Pearl Harbour, motivant l’armée américaine à réquisitionner l’établissement pour en faire un quartier général d’officier et un hôpital de guerre. Avant de tourner sur la gauche dans la 14th Place, vous pouvez constater que le Lummus Park prend fin à ce niveau, et qu’à partir de là, des hôtels donnent directement en front de mer, comme à la pointe sud de South Beach. Poursuivez donc dans la ruelle qui borde le Betsy jusqu’à arrivée à l’arrière de l’établissement : là, un étonnant “oeuf” blanc (surnommé The Betsy Orb) semble coincé entre l’arrière du Betsy Hotel, et le batiment qui lui fait face, et qui n’est autre que l’arrière du Carlton Hotel, un hotel historique art déco dessiné par Henry Hohauser. Le propriétaire du Betsy l’a en effet racheté en 2014, puis après deux ans de travaux, a rouvert les deux établissements comme un seul et même hôtel (The Betsy), et l’œuf coincé entre les deux façades cache en réalité la passerelle qui permet de relier les deux bâtiments désormais jumelés.
En continuant le long du Carlton Hotel pour rejoindre Collins Avenue, vous longerez le Betsy Poetry Rail, une rambarde métallique qui laisse apparaître des dizaines de citations de poèmes d’écrivains liés à Miami. Vous déboucherez donc sur Collins Avenue devant la façade du Carlton Hotel, qui est finalement aujourd’hui la façade arrière du Betsy. Collins Avenue est nommée en l’honneur de John S. Collins, un fermier du New Jersey qui fut le premier à tenter d’exploiter les terrains de l’île de Miami Beach en y plantant des cocotiers, puis des avocats. Face à l’échec de ces projets agricoles, il crée la Miami Beach Improvement Company en 1911 pour lancer la viabilisation de l’île dans le but d’en faire une destination balnéaire. Il construira le Collins Bridge pour relier l’île au continent, un hôtel et un casino. Il est considéré comme le père de la ville de Miami Beach.
Tournez à droite dans Collins Avenue et rejoignez l’angle de la Española Way. En face de vous à gauche, un magnifique établissement de style art déco (Nautical Moderne style pour être précis) fut dessiné en 1940 par Henry Hohauser. Il hébergeait la Hoffmans Cafeteria, un immense restaurant self-service proposant un menu de type deli.
Le restaurant opéra jusqu’au début des années 70, avant de fermer et d’être remplacé par un dancing pour les retraités de South Beach, puis par différents night clubs jusqu’en 2000 où l’établissement fut de nouveau transformé en deli pour une chaîne de restauration californienne, Jerry’s Famous Deli. En 2015 finalement, une chaîne de cuisine mexicaine, Senor Frog’s, emménagea dans le bâtiment, mais ne survécut pas à la crise du Covid. Depuis, le splendide édifice art déco est à l’abandon.
Prenez à gauche dans Española Way pour rejoindre l’angle de Washington Avenue. Immédiatement sur votre droite, le Cameo Theater est un ancien cinéma art déco, construit en 1936. Au milieu des années 80, il fut transformé en salle de concert pour la scène punk rock de Miami, puis évolua vers une programmation électro, avant de finir définitivement transformé en night club.
Sur le trottoir opposé, sur votre gauche en débouchant sur Washington Avenue, se trouve le McCrory Building. Parfait exemple du style Streamline Moderne, il fut construit en 1938 pour héberger un McCrory’s Department Store, une chaîne de Five and Dime Stores. Ces types de magasins vendant de nombreux articles à petits prix étaient appelés comme cela en raison du nombre de prix ronds à 5 cents et dix cents (= dime). La popularité de ces magasins diminua tout au long du XXème siècle, et s’il restait à la fin des années 80 encore 1300 magasins McCrory aux Etats-Unis, la concurrence des Walmart et autres Target finit par les achever. L’enseigne fit faillite en 1992 et ferma tous ses magasins. Le bâtiment héberge aujourd’hui différents commerces, mais le nom McCrory reste encore gravé en mosaïque dans le sol de l’entrée donnant sur Washington Avenue (pas celle de l’angle).
McCrory Building sur la gauche, carte postale des années 50
Traversez Washington Avenue. Española Way se prolonge alors sur deux blocs en rue piétonne. C’est le cœur d’un petit quartier créé en 1925 par un promoteur désireux d’apporter au centre de Miami Beach, une ambiance européenne et méditerranéenne, avec son “Historic Spanish Village”. Le quartier attira une communauté d’artistes et d’écrivains, mais la concentration de restaurants et de lieux de la nuit attira vite les gangsters en tout genre : le Clay Hotel sur la gauche de l’entrée de la rue piétonne était par exemple un établissement de jeu clandestin opéré par Al Capone. Il faudra attendre la fin des années 80 et surtout les années 90 pour que le quartier retrouve son charme des origines, notamment sur les deux blocs piétonniers où s’alignent de nombreux restaurants.
Prenez vers le nord sur Washington Avenue. Cette section de l’avenue est emblématique des artères commerciales des villes américaines dans les années 30-40-50. L’architecture commerciale reflète toujours le style Art Deco, mais dans des déclinaisons évidemment différentes de celles des hôtels d’Ocean Drive. A l’angle de la 15th Street, le Chandler Building sur votre gauche, construit en 1936 et dessiné par le même Henry Hohauser qui a signé tant de façades d’hôtels Art Deco à Miami est emblématique de ces bâtiments commerciaux sobres et fonctionnels. On peut trouver des immeubles équivalents à celui-ci dans quasiment tous les centres villes historiques américains, des grandes, moyennes et mêmes petites villes. L’immeuble a beaucoup changé de locataires mais reste très proche de ce qu’il était à l’origine, comme l’attestent ces photos prisent dans les années 40 et les années 80 (où le rez-de-chaussée était occupé par un opticien et une clinique ORL).
Ce qui tranche par contre de façon étonnante dans cet édifice, c’est le contraste entre la très raffinée frise en bas relief à la lisière du toit, et les bandes noires et rouges en céramiques ponctuées de boucliers en dessous des fenêtres.
De l’autre côté de la 15th Street, le building sur un seul niveau aujourd’hui occupé par un restaurant de burger Five Guys est encore plus simple voire simpliste, mais tout aussi emblématique de l’immobilier commercial du milieu du XXème siècle aux Etats-Unis.
Continuez sur Washington Avenue. Encore un peu plus loin, en face de l’hôtel Courtyard by Marriott, le Club Madonna est installé dans un ancien cinéma, le Roxy Theatre. Inauguré en 1967 avec la projection d’un western avec Kirk Douglas et Robert Mitchum, ce qui était une jolie petite salle de quartier allait devenir dans les années 70-80 un “grindhouse theatre”, un cinéma spécialisé dans les films de genre, notamment d’horreur, puis dans les films pornographiques. C’est à cette époque que le jeune Mickey Rourke, tout juste diplômé de la Miami Beach Senior High School, abandonna son rêve de boxer en professionnel, et commença à tenter sa chance comme acteur. Entre deux petits rôles, Mickey Rourke travaillait comme caissier, projectionniste et occasionnellement videur musclé pour le Roxy Theatre.
Roxy Theatre à son inauguration en 1967
Sur la photo ci-dessous, on peut voir à l’arrière-plan le Roxy Theatre en 1972, photographié lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam, tenue à l’occasion de la Democratic National Convention. On peut voir le cortège des manifestants remonter Washington Boulevard dans la même direction que vous, pour rejoindre le Miami Beach Convention Center, où se déroulait la convention du Parti Démocrate, chargée de choisir le candidat Démocrate pour l’élection présidentielle. Quelques années après les grands mouvements étudiants universitaires, sous pression des activistes de tous bords (pacifistes, militants LGBT, féministes, mouvements de défenses des minorités, et militants d’extrême gauches …), la Convention choisira pour candidat George McGovern, le plus radical des prétendants, et approuva une plateforme pour la présidentielle la plus à gauche de toute l’histoire politique des Etats-Unis. Son opposant Républicain, Richard Nixon n’aura pas grand chose à faire pour remporter la présidentielle et infliger une défaite au candidat Démocrate : Nixon obtint 61% du vote populaire, 520 délégués contre 17 pour McGovern, et remportant 49 des 50 États (seul le Massachusetts vota Démocrate).
Roxy Theatre en 1972 pendant une manifestation contre la guerre du Vietnam
Dans les années 90, le Roxy qui ne passait plus que des films pour adultes, fut transformé en club de striptease sous le nom de Club Madonna. Le propriétaire du club gagna son procès contre la chanteuse Madonna qui tenta de faire interdire l’usage de son patronyme pour un tel établissement, mais n’évita pas les foudres de la justice quelques années plus tard quand le club fut accusé d’avoir produit sur scène une jeune fugueuse de 13 ans tombée entre les mains de proxénètes.
Continuez sur Washington Avenue. Deux bâtiments plus loin, toujours sur la droite de l’avenue, une fresque murale recouvre la clôture d’un terrain pour l’instant inoccupé. La Tribute Mural at Washington Ave de l’artiste uruguayen Ignacio Marino Larrique (longtemps résident de Miami et aujourd’hui installé à New York) honore 5 personnalités ayant un lien plus ou moins fort avec Miami, mais plus précisément avec Washington Avenue. On trouve ainsi l’artiste Prince, qui possédait un club, le Glam Slam, plus bas sur Washington Avenue, dans lequel il se produisit lui-même à plusieurs reprises. Jackie Gleason est assurément la moins connue de ces personnalités pour un Européen : Gleason était un comédien qui anima de 1952 à 1970 le Jackie Gleason Show à la télévision américaine. Ce programme très populaire mélangeait des sketchs et de la variété. Il était enregistré chaque semaine au Miami Beach Municipal Auditorium tout au bout de Washington Avenue, devant le Convention Center. Depuis, cette salle a été renommée le “Jackie Gleason Theatre.” La troisième personnalité représentée est aussi la plus facilement identifiable : il s’agit du boxeur Cassius Clay, qui s’entraîna pour le combat de sa vie en 1964 au 5th Street Gym sur Washington Avenue. Il affronta le tenant du titre mondial, Sonny Liston au Miami Beach Convention Center et à la surprise générale, remporta le combat et devint champion du monde des poids lourds. Quelques jours après sa victoire surprise, il annonçait son appartenance au mouvement nationaliste noir The Nation of Islam, et qu’il prenait le nom de Muhammad Ali. Vous pourrez également identifier le couturier italien Gianni Versace, qui, certes, habitait sur Ocean Drive, mais dont la boutique haute couture à Miami était sur Washington Avenue. Enfin, l’actrice Jayne Mansfield fut promue par la Fox dans les années 50-60 comme la nouvelle Marilyn Monroe, après que cette dernière ait rompu son contrat avec le studio. Ancienne mannequin pour Playboy comme Marilyn, blonde platine aux courbes avantageuses comme elle, sex-symbol ayant connu une mort tragique également (elle décéda dans un accident de voiture à l’âge de 34 ans), le lien de Jayne Mansfield avec Miami Beach est plus ténu que pour les autres personnalités de la fresque : en 1958, elle passa la lune de miel de second mariage (sur trois) au Eden Roc Hotel sur Collins Avenue, fréquentant beaucoup les boutiques sur Washington Avenue.
Prenez maintenant à droite sur la 16th St. En face de vous se dresse la tour art déco du Loews Miami Beach Hotel que vous allez rejoindre sur Collins Avenue. Cette majestueuse tour Art Déco dont le sommet se termine en escalier sert de jonction entre deux bâtiments massifs de 17 étages, un aligné sur Collins Avenue, et l’autre à la perpendiculaire, s’avançant vers l’océan. Un détail trahit la construction très récente de cet hôtel au look rétro (il a été inauguré en 1998) : la présence de balcons pour toutes les chambres en façade, une caractéristique absente des immeubles art déco construits dans les années 30-40. Lorsqu’il fut construit au tournant du millénaire, c’était le premier nouvel hôtel à s’élever à South Beach depuis plus de 30 ans. Alors que de nombreux hôtels historiques étaient en rénovation, la municipalité jugea que Miami Beach manquait d’établissement de standing moderne et surtout de grande taille, pour valoriser les événements au Convention Center. Elle lança un appel d’offres pour un vaste terrain vacant à côté du St. Moritz Hotel et Loews remporta le contrat avec un projet de rénovation intégrale du St. Moritz, qui serait jumelé à cette nouvelle tour de 17 étages pour proposer environ 900 chambres sur un complexe partageant une piscine géante sur la plage, face à l’océan atlantique. Le St. Moritz est visible sur la droite du Loews, un peu en retrait.
Tournez à gauche sur Collins Avenue pour continuer vers le nord. Ici, les hôtels de Collins Avenue sont construits sur la largeur de 2 blocs et font directement face à l’océan. Il s’agit de plus grands complexes que les petits bijoux Art Deco d’Ocean Drive, pour la plupart plus récents, avec de grandes piscines ouvrant sur la plage. Rejoignez Lincoln Road. Si vous commencez à fatiguer et souhaitez raccourcir le circuit, vous pouvez tournez à gauche sur Lincoln Road et avancez vers la prochaine intersection pour récupérer la suite du circuit à l’entrée du Lincoln Road Mall. Sinon, continuez tout droit sur Collins Avenue pour ajouter quelques hôtels Art Deco à votre tableau de chasse, et optionnellement étendre le circuit jusqu’au Collins Park, au Miami Beach Convention Center et au bouleversant Holocaust Memorial.
Continuez donc sur Collins Avenue, en dépassant le très massif et peu intéressant The Ritz-Carlton sur votre droite, pour rejoindre le Sagamore Hotel. Construit en 1948 par l’architecte Albert Anis, il arrive presque 10 ans après les petits hôtels Art Déco d’Ocean Drive. De ce fait, s’il reprend certaines caractéristiques de l’Art Deco, il préfigure l’essor du mouvement MiMo (Miami Modern architecture), la déclinaison floridienne du mouvement Mid Century Modern qu’on retrouve par exemple à Palm Springs sur la côte Ouest. Les lignes sont plus pures, rectilignes, modernes, minimalistes et design. Racheté en 1999, son nouveau propriétaire, passionné d’art en fait un musée ouvert au public : en dehors des chambres de l’hôtel, tous les espaces publics, le jardin, les escaliers, le lobby et les corridors accueillent tout au long de l’année des expositions d’art, gratuites et accessibles à tout un chacun. Si vous aimez l’art contemporain, n’hésitez pas à pousser les portes de l’hôtel pour jeter un œil sur les œuvres exposées.
Juste à côté, le National Hotel est pour sa part résolument de style Art Deco. Il a été dessiné en 1939 par l’architecte Roy France, qui a créé une vingtaine d’édifices (pour la plupart des hôtels) à Miami Beach entre 1935 et 1951. Les premiers bâtiments de Roy France sont de style Art Deco comme le National, mais au fil des années, son style évolue vers le Streamline Moderne, avant de basculer progressivement dans le Modernisme après guerre. L’hôtel est caractérisé par le dôme d’inspiration néo-byzantine qui coiffe sa tour de 18 étages, ainsi que par la plus longue piscine de tout Miami Beach.
Piscine du National Hotel menant de l’hôtel à la plage
Puis, derrière le National Hotel, vous pourrez admirer le Delano, inauguré en 1947, et nommé en l’honneur du président Franklin Delano Roosevelt, décédé en 1945 juste avant la fin de la guerre, au tout début de son 4ème mandat. Le constitution fut alors révisée pour interdire plus de deux mandats de président.
Delano était le nom de sa mère, et celui de son père Roosevelt. Il avait conservé les deux noms car ils marquaient tous les deux un ascendance prestigieuse, de familles très anciennement ancrées aux Etats-Unis. A noter que la femme du président, Eléanor Roosevelt ne tenait pas son patronyme de son mari : elle était née Roosevelt elle aussi (elle était même la nièce de Théordore Roosevelt, ancien président des Etats-Unis), et elle et son mari étaient cousins au 5ème degré. Le nom de Delano n’a rien d’italien contrairement à ce que pourrait indiquer son orthographe : c’est en réalité la déformation du patronyme de Philippe de Lannoy, un protestant wallon arrivé en 1621 à Plymouth, la toute première colonie anglaise du nouveau continent. A ce titre, il est l’un des 100 premiers colons européens de ce qui allait devenir un siècle et demi plus tard les Etats-Unis d’Amérique. Philippe de Lannoy était francophone, né dans l’actuel territoire de Belgique, à l’époque sous contrôle hollandais, mais d’un père originaire de Tourcoing (Lannoy est un village à proximité de Tourcoing). Nous refermons ici ce petit aparté. Le Delano Hotel était à son inauguration en 1947 le plus haut édifice de Miami Beach. Son style architectural préfigure très largement l’avènement du Modernisme.
Prenez à gauche sur la 17th Street, à moins que vous ne souhaitiez faire une pause pour piquer une tête dans l’océan auquel cas vous pouvez tourner provisoirement à droite sur la 17th Street pour rejoindre la plage.
A l’angle de James Avenue, sur votre droite, le Cadet Hotel est un dernier petit hôtel art déco à l’histoire étonnante. Construit juste avant la guerre en 1941, son nom actuel provient du fait qu’il fut réquisitionné après Pearl Harbour pour loger les “cadets” de l’école des officiers de l’armée américaine de West Point, en formation sur Miami Beach pour compte de l’armée de l’air. Mais le confortable petit établissement accueilli également dans sa chambre 224 un plus illustre visiteur. L’acteur Clark Gable, immense star à Hollywood depuis notamment sa prestation dans Autant en Emporte le Vent, avait en effet manifesté le désir, malgré sa quarantaine passée, de servir son pays sous les drapeaux quand la guerre fut déclarée. Son studio de cinéma était réticent à l’idée de voir partir une de ses plus grandes stars, mais il réussit à les convaincre d’envoyer une petite équipe de tournage documenter sa formation militaire à South Beach pour les besoins de la propagande américaine. Une fois ses classes achevées, Clark Gable refusa toute affectation civile et se porta volontaire pour rejoindre l’Angleterre et la Royal Air Force afin de mettre à contribution sa toute fraîche formation en tant que mitrailleur de l’armée de l’air. Il obtint d’être assigné sur 5 missions de combat au-dessus de l’Allemagne, toujours accompagné par une équipe réduite de tournage. A sa 5ème sortie, son avion fut touché par la DCA allemande, une balle transperçant sa botte et manquant de peu sa tête, tandis qu’un membre de son équipe était tué. Le studio apprenant l’incident insista pour que sa star soit réassignée au sol, mais la légende voudrait que Gables ait poursuivi les missions de bombardements au-dessus de l’Allemagne, toujours en tant que mitrailleur, dans le dos de son commandement. Finalement, le studio finit par obtenir gain de cause en 1944 : Clark Gable reçut son ordre de démobilisation du bureau de l’armée en charge des acteurs engagés. Il était signé de la mine du Capitaine Ronald Reagan, à l’époque lui aussi acteur, et futur président des Etats-Unis.
Gable devant la mitrailleuse d’un B-17 “Flying Fortress” (1943)
DETOUR (2 km)
Si vous souhaitez prolonger un peu le circuit, au lieu de revenir immédiatement vers Lincoln Road, par Washington Avenue, vous pouvez prendre vers le nord sur James Avenue, à l’angle du Cadet Hotel. Vous pénétrez alors dans une section plus résidentielle de South Beach, avec moins d’hôtels, ou alors des résidences hôtelières proposant des suites plus grandes, avec cuisine, comme le très joli Lincoln Arms Suites, résidence art déco de 1942, à l’angle de James Street et de 1a 18th Street. Poursuivez encore un bloc jusqu’à l’angle de la 19th Street où les Sherita Apartments sur votre gauche est une petite résidence rétro avec outdoor corridor, typique des années 50 (ils furent construits en 1952). A l’angle de la 19th St, en regardant vers la gauche, vous apercevrez le haut de la Octagon Tower, une mini tour octogonale tout droit sortie des années 60 : sans aucun doute, les décennies 1960-1980 représentent le pire de l’architecture aux Etats-Unis, et sans doute aussi dans le reste du monde (pouvez vous citer un ouvrage d’architecture à Paris qui mérite le détour issu de ces 3 décennies 😉 ?). Prenez à droite sur la 19ème, et tout de suite à gauche en diagonale sur Liberty Avenue. Un bloc plus loin, à l’intersection de la 20th Street sur votre droite, le Ocean Deli Market est une petite épicerie de quartier qui propose également des sandwichs préparés à la demande en mode deli, et quelques spécialités chaudes de cuisine dominicaine et caribéenne à emporter. Prix corrects pour South Beach. Continuez sur Liberty Avenue jusqu’au Collins Park. Le Collins Park est l’emplacement de la première bibliothèque publique de Miami Beach. Construit en 1927 en pierre de corail des Keys, le bâtiment fut ensuite reconverti en musée en 1964 par la municipalité, après que John Bass, un immigré juif autrichien résidant à Miami Beach, fit don à la ville de 500 œuvres d’art. Le Bass Museum fut donc installé dans l’ancienne bibliothèque. En entrant dans le parc depuis Liberty Avenue, on peut trouver deux statues, à une trentaine de mètres de part et d’autres de l’entrée, représentant pour l’une Simon Bolivar, et pour l’autre Jose Marti. Simon Bolivar fut le plus grand acteur de la décolonisation espagnole en Amérique du Sud au début de XIXème siècle. Il participe successivement aux mouvements d’indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l’Équateur, du Panama, du Pérou et du Venezuela. José Martí, quant à lui, est le père de la première révolution cubaine, qui libéra Cuba de l’emprise espagnole. Le Collins Park regroupe de nombreuses sculptures d’art, installées de manière permanente ou provisoire selon les cas, notamment la Miami Mountain de Ugo Rondinone, un artiste suisse célèbre pour ses empilements de rochers aux couleurs très vives (dont ses Seven Magic Mountains, installés dans le désert du Nevada, pas loin de Las Vegas) . Vous trouverez également un étonnant petit bâtiment recouvert de bas reliefs, la Miami Beach Library Rotunda, qui fut un auditorium pour l’ancienne bibliothèque municipale, construit au début des années 60 et aujourd’hui inutilisé. Enfin les touristes se plaisent à se photographier devant le Miami Beach Sign localisé dans l’angle nord-est du parc. Si vous aimez l’art moderne et contemporain, le Bass Museum est ouvert du mercredi au dimanche, de midi à 18h, et le troisième jeudi de chaque mois en nocturne gratuite de 18 à 21h. Le prix d’entrée est de 15$ (8$ pour les jeunes et les étudiants, gratuit pour les moins de 7 ans). En ressortant du Collins Park sur la 22nd St, dans l’axe de Liberty Avenue, prenez à droite sur la 22ème rue en passant devant le Miami City Ballet. Bien que l’édifice reprenne les codes de l’art déco, c’est un immeuble récent, construit en 2000 par le cabinet d’architecte Arquitectonica pour héberger le corps de ballet de Miami, ses salles d’entrainement et son école de danse. Le City Ballet se produit dans plusieurs salles du sud-est de la Floride, notamment le Miami Arsht Center à Downtown Miami, le Broward Center de Fort Lauderdale et le Kravis Center de West Palm Beach. Avancez sur la 22nd Street jusqu’à rejoindre le Collins Canal, que vous longerez en direction de l’ouest pour rejoindre Washington Avenue. Le Collins Canal est plus ancien que la ville de Miami. Il fut construit par John Collins pour faciliter le transport des avocats depuis ses plantations jusqu’à la Biscayne Bay, où ils pouvaient être chargés sur des bateaux (il n’y avait aucun pont pour rejoindre l’île de Miami Beach à l’époque). Sur le cliché ci-dessous, pris en 1913, deux ans avant la construction du premier hôtel, on peut voir un petit remorqueur tracter une barge le long du canal : toute la partie nord de l’île de l’autre côté du canal était à l’époque recouverte de jungle et de mangrove. Au fur et à mesure de l’urbanisation de l’île, et avec la disparition des plantations pour céder la place aux hôtels de la station balnéaire en devenir, le Collins Canal trouva d’autres usages. De riches résidents décidèrent d’y construire leur villa, comme le très réputé à l’époque Henry Salem Hubbell. Natif du Kansas mais formé en France auprès des plus grands maîtres, il intègre le mouvement impressionniste, rejoignant Monet et ses comparses à Giverny, avant de rentrer aux Etats-Unis où il deviendra le plus grand portraitiste de sa génération, réalisant les portraits des présidents et des hommes les plus importants du pays. Installé à Miami, il se fit construire par son fils qui dirigeait une entreprise de construction renommée (elle avait par exemple bâti la Villa Casa Casuarina qui hébergera Versace), un petit palais vénicien sur les bords du Canal, devant laquelle il amarrait des gondoles pour faire remonter le canal à ses invités. Gondoles devant la résidence Henry Salem Hubbell sur le Collins Canal La maison existe toujours, plus bas sur le canal, mais elle a perdu tout son charme et n’est plus vraiment reconnaissable. Arrivés au croisement de Washington Avenue, traversez la rue et continuez le long du canal. Le bâtiment que vous apercevez de l’autre côté du pont en traversant Washington Avenue est la Miami Beach Senior High School, le lycée public de Miami. Aux Etats-Unis, il n’y a pas vraiment d’établissement secondaire professionnel comme les Lycées Pro en France, mais plutôt des branches professionnalisantes (ou Academy) à l’intérieur de chaque lycée, pour ceux qui ne se destinent pas forcément aux études universitaires. Le Miami Beach Senior High School ne fait pas exception avec une dizaine d’academies sur son campus, dont la plus importante est la Academy of Hospitality and Tourism, assurément en phase avec les besoins en main d’œuvre de la ville, et notamment ses 185 hôtels. En longeant le Miami Beach Convention Center, le sentier en bordure du Canal traverse le Collins Canal Park. Construit au milieu des années 50, le Miami Beach Convention Center est un immense espace utilisé aussi bien pour des événements professionnels, politiques et parfois sportifs. Il fut notamment utilisé pour accueillir les conventions pour la nomination des candidats à la présidence des partis Républicain (en 1968 et 1972) et Démocrate (en 1972). Mais le Convention Center est surtout célèbre pour avoir accueilli la rencontre de boxe opposant Cassius Clay à Sonny Liston en 1964. A 22 ans, Cassius Clay était donné perdant à 7 contre 1 par les bookmakers. Face à lui, Sonny Liston, champion du monde en titre des poids lourds paraissait imbattable : il venait de battre à deux reprises l’ancien champion du monde par KO au premier round. Il avait pris le combat à la légère, ne s’était pas beaucoup préparé, avait bu la veille de la rencontre et souffrait d’une blessure à l’épaule. Cassius Clay utilisa l’énergie de sa jeunesse, et sa vitesse époustouflante pour éviter au maximum les coups ravageurs de Liston, tout en le fatiguant round après round, jusqu’à l’abandon du champion au 6ème round. Le comportement ultra agressif et provocateur du nouveau champion, lors de la pesée d’avant match, sur le ring et hors du ring allait faire entrer la boxe dans une nouvelle ère. Peu de temps après avoir été sacré champion du monde Cassius Clay annonçait qu’il avait choisi de s’appeler Cassis X, dans une démarche similaire à celle de Malcom X, pour dénoncer le passé esclavagiste du pays d’où lui venait son patronyme. Puis il annonça avoir rejoint le mouvement nationaliste noir Nation of Islam, s’être converti à l’Islam et prendre pour nom Muhammad Ali. L’année suivante, il accorda une revanche à Sonny Liston. Le match sera l’un des plus controversé de l’histoire de la boxe et enfantera l’un des clichés sportif le plus célèbre au monde : Mais l’histoire et la signification de la photo n’est par forcément celle que l’on croit. En effet, Muhammad Ali remporta son deuxième affrontement contre Liston par KO au premier round, dans les toutes premières secondes du match. Sur place, les spectateurs sont perplexes : il n’ont pas vu la droite d’Ali toucher Liston. Ali est lui-même surpris : il se tourne vers son entraîneur pour demander s’il a touché son adversaire, avant de lui intimer l’ordre de se relever (c’est l’image du cliché), lui criant “debout”, “personne ne va y croire”. La confusion est totale, Ali est surexcité et refuse de rejoindre son corner pendant qu’on compte les 10 secondes validant le KO. Muhammad Ali est déclaré vainqueur mais personne n’y croit, Ali le premier. On ne saura jamais pourquoi Liston s’est couché (ou s’il a été véritablement mis KO). Continuez le long du Convention Center et traversez Convention Center Drive. Longez toujours le canal, en bordure du Miami Beach Botanical Garden pour enfin rejoindre le Holocaust Memorial de Miami Beach. Miami a abrité l’une des plus importantes populations au monde de survivants de l’holocauste, car de très nombreux juifs européens partirent s’installer au sud de la Floride après la guerre. Très présents au nord de Miami Beach, à Aventura et jusqu’à Hollywood au nord de Miami, ils ont financé dans les années 80 ce Mémorial étonnant. Le lieu se veut moins un simple monument qu’une expérience émotionnelle. Et le résultat est pour le moins saisissant. On vous laisse découvrir par vous même la mise en scène incroyablement émouvante de ce lieu comme nul autre. Le mémorial est ouvert tous les jours, de 10h au coucher du soleil. Puis prenez Meridian Avenue que vous descendrez vers le sud pour rejoindre l’angle du Pride Park. Ce parc urbain moderne est situé devant l’entrée principale du Convention Center dont il constitue un prolongement de l’esplanade. Traversez-le en direction de son angle sud-est, en faisant éventuellement un crochet pour découvrir les deux pièces d’art contemporain qui y sont exposées : dans l’angle nord-est, l’étonnante Bent Pool des artistes Elmgreen & Dragset, qui comme son nom l’indique est une piscine à taille réelle, pliée en deux. Et plus bas en bordure de Convention Center Drive, la figure quasi transparente de Minna de l’artiste Jaume Plensa, l’artiste spécialisé dans les sculptures monumentales de têtes féminines, le même qui a signé la sculpture exposée à Downtown Miami devant la baie, au niveau du Pérez Art Museum. Continuez vers le sud sur Convention Drive en passant devant le Miami Beach City Hall, la mairie de Miami Beach, et à l’arrière du Fillmore Miami Beach (cf plus loin). Prenez à droite dans la 17th Street jusqu’au croisement de Washington Avenue où vous rejoindrez le circuit de base, tout en longeant le New World Center, la salle de concert du New World Symphony, conçue par l’architecte Frank Gehry. |
Continuez jusqu’à l’angle de Washington Avenue. Sur votre droite, le Temple Emanu-El, la synagogue d’un congrégation israélite fondée en 1938. Le temple lui-même, de style néo-byzantin / néo-mauresque, a été construit en 1948, et son sanctuaire principal peut accueillir jusqu’à 1400 fidèles. Jusqu’à 1300 familles fréquentaient la congrégation dans les années 70, avant le départ progressif d’une grande partie des juifs de Miami Beach dans les années 80, remplacés par les réfugiés cubains. A noter que de très nombreuses synagogues dans le monde sont nommées Emanu-El, un nom hébreu signifiant “Dieu est parmi nous”, en référence à un oracle issu du Livre d’Isaïe dans l’ancien testament. Ce nom hébreu a une signification très différente pour les chrétiens qui voient dans l’oracle de la naissance d’un enfant nommé Emanu-El, l’annonce de la naissance de Jésus, que l’évangile de Matthieu nomme également Emmanuel, un “dieu parmi les hommes”.
De l’autre côté de Washington Avenue, vous pouvez apercevoir le Miami Beach Convention Center, et juste devant, le Fillmore Miami Beach, une salle de concert qui ouvrit en 1957 sous le nom de Miami Beach Municipal Auditorium. Durant les années 60 et 70, la salle fut utilisée pour filmer de nombreux shows télévisés, dont le très célèbre à l’époque “Jackie Gleason Show” (qui laissera son nom à la salle), ainsi que des cérémonies comme l’élection de Miss USA ou Miss Universe. La salle fut rénovée plusieurs fois, et ce n’est qu’à la fin des années 80 qu’elle sera dotée d’une façade art déco, plus en phase avec l’architecture du quartier. Les plus grands artistes ont joué dans cette salle, de Lisa Minelli à Janet Jackson, en passant par Madonna ou Marilyn Manson.
Prenez vers le sud sur Washington Avenue, en longeant le Soundscape Park, puis à droite sur Lincoln Road. Juste avant de bifurquer sur Lincoln Road, à l’angle de Washington Avenue, notons la présence d’un restaurant Raising Cane’s.
Raising Cane’s Chicken Fingers | counter service |
Les meilleurs fingers de poulet frits de la scène fast-food. La carte est extrêmement simple : des chicken fingers de qualité, cuits à la demande à partir de viande de qualité non surgelée, accompagnée d’une sauce maison signature addictive, et de Texas Toasts (une tranche de pain de mie légèrement briochée, beurrée et toastée) et de coleslaw (au demeurant excellente). Le tout avec de la homemade lemonade et du thé glacé. Pour la petite histoire, la chaîne a été fondée par deux étudiants particulièrement persistants : le concept derrière Raising Cane’s a été élaboré dans le cadre d’un cours de rédaction de business plan, où ils reçurent la note médiocre de C moins. Pas découragés pour autant, nos deux entrepreneurs en herbe firent le tour des investisseurs sans connaître plus de succès. Ils financèrent alors leur premier restaurant en travaillant comme soudeur et comme saisonnier dans la pêche au saumon dans le grand nord. Et sont aujourd’hui à la tête d’un réseau de 600 restaurants en pleine croissance.
Astuce prix : si vous êtes nombreux, prenez un Tailgate combo de 25 ou 50 chicken fingers, ce sera beaucoup moins cher qu’un menu par personne. Et on est là pour le poulet, pas pour les frites ! Site : https://www.raisingcanes.com/ Adresse : 1651 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 |
A partir de là, la Lincoln Road devient sur une longueur de 8 blocs, un immense espace piétonnier, le Lincoln Road Mall (ou Lincoln Road Shopping District). Le Lincoln Road a toujours été une artère commerciale majeure de Miami Beach, dès sa création. Mais dans les années d’après-guerre, les boutiques ont commencé à péricliter alors que le centre de gravité de la ville se déplaçait vers le nord, dans les grands complexes hôteliers de bord de plage, suffisamment importants pour avoir leurs propres boutiques sur place au sein même des hôtels. Les commerçants de Lincoln Road missionnèrent alors l’architecte Morris Lapidus pour trouver un nouvel aménagement susceptible de relancer le quartier. Lapidus, pape de la Miami Modern architecture dans les années 50-60 à Miami, proposa en 1960 d’aménager la Lincoln Road en artère commerciale piétonnière. Le choix de restreindre la circulation des voitures, à contre-courant de l’époque qui voyait exploser les drive-in et un mode de vie périurbain motorisé, était résumé par Morris Lapidus lui-même de la plus simple des façons : “j’ai conçu le Lincoln Road Mall pour les personnes, une voiture n’a jamais rien acheté dans un magasin”. Aujourd’hui, le Lincoln Road Mall regroupe toujours plus de 200 commerces en tout genre.
Rejoignez l’angle de Drexel Avenue. Sur votre gauche, vous serez sans doute surpris de découvrir … une boulangerie Paul ! Le franchiseur du nord de la France a lancé son développement international dans les années 90, et a aujourd’hui presque autant de points de vente hors de France qu’en métropole, même si les boulangeries Paul ne sont encore qu’une poignée aux Etats-Unis. Vous pourrez également remarquer que l’enseigne hors de France est à la limite du café/restaurant, la boulangerie ne représentant qu’une toute partie des ventes de l’enseigne.
Traversez Drexel Avenue. Sur votre gauche, la Miami Beach Community Church est la toute première église construite en 1921 à Miami Beach. Le “jardin” sur la gauche de l’édifice est un espace inoccupé qui concentre de nombreuses convoitises depuis des années, au vu de son emplacement à l’angle d’une avenue, au cœur du Lincoln Road Mall. En 2014, l’église a tenté de la revendre à une enseigne désireuse d’y construire un magasin de vêtement, et avait obtenu un avis favorable de la commission municipale de préservation des édifices historiques de la ville. Mais l’avis fut finalement retiré quand il fut révélé que l’église avait omis de mentionner que l’acheteur avait fait une donation d’un demi-million de dollars à l’Eglise peu de temps auparavant.
Un peu après l’église, toujours sur la gauche, les amateurs de football pourront s’arrêter à la boutique Pelé Soccer, de la marque du légendaire champion brésilien. Fait peu connu en Europe, Pelé a terminé sa carrière de footballeur aux Etats-Unis, après avoir signé en 1975 un contrat à plusieurs millions de dollars, somme extravagante pour l’époque avec les Cosmos de New York. Il remportera à l’âge de 37 ans le tournois nord-américain avec les Cosmos, sera élu meilleur joueur et meilleur buteur du championnat, avant d’annoncer prendre sa retraite définitive. A cette occasion, est organisée une rencontre exceptionnelle entre le Cosmos de New York et le Santos FC, le club brésilien où il a joué pour l’essentiel de sa carrière. La rencontre a lieu au Giants Stadium, le stade de baseball des Giants de New York, devant près de 75 000 spectateurs. En première mi-temps, Pelé joue pour les Cosmos, puis en deuxième mi-temps, il change de maillot et joue avec ses anciens coéquipiers brésiliens du Santos. A noter que le football européen (soccer) est très présent à Miami, dont la population est en bonne partie issue d’Amérique Centrale et du Sud où le foot est roi. Le club local, le Inter Miami CF, présidé (et en partie détenu) par David Beckham en personne, a terminé troisième du championnat américain en 2024, et s’est qualifié pour la CONCACAF Champions Cup, le tournois international d’Amérique Centrale, du Nord et des Caraïbes, après avoir signé Lionel Messi. L’arrivée du champion du monde et ballon d’or à Miami a multiplié les prix des billets par 10 sur les premiers matchs de la saison, et propulsé l’équipe au rang des plus grosses ventes de maillots aux Etats-Unis, tout sport confondu.
Rejoignez l’angle de Pennsylvania Avenue. Sur votre droite, le Lincoln Theatre fut inauguré en 1936. C’était une salle de cinéma art déco qui opéra jusque dans les années 80.
le Lincoln Theatre en 1936
Laissé à l’abandon pendant quelques années, il fut racheté et rénové en 1990 pour accueillir l’orchestre du New World Symphony, une académie de musique classique créée à Miami en 1987. Elle déménagea juste à côté en 2011, dans le tout nouveau New World Center, localisé à côté du Soundscape Park que vous avez longé un peu plus tôt.
Le cinéma art déco fut alors transformé en espace commercial et un magasin H&M s’y est depuis installé. N’hésitez pas à entrer à l’intérieur : l’architecte en charge de la transformation a parfaitement respecté l’histoire des lieux, en conservant l’écran et la mezzanine de la salle d’origine.
Dans l’angle opposé de l’intersection, un restaurant de l’enseigne The Cheesecake Factory s’est installé. Ils proposent notamment une des plus grandes sélections de cheesecake imaginables. Compter 10-12$ la part, ce qui n’est pas donné. Le reste de la carte est également cher pour un restaurant de casual dining qui n’a rien d’exceptionnel.
The Cheesecake Factory | table service |
Un établissement de casual dining très classique, avec la particularité de servir une très large sélection de cheesecakes en dessert.
Site : https://www.thecheesecakefactory.com/ Adresse : 600 Lincoln Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Continuez sur le Lincoln Road Mall. Sur le trottoir opposé, le Lobster Shack propose une carte quasiment entièrement dédiée au homard (mais également aux crevettes et autres poissons). On y trouve notamment les fameux lobster rolls de la Nouvelle Angleterre : des sandwichs de homard dans un pain brioché. Nous vous conseillons de rester sur la version “classic” sans fromage ni autre goût additionnel. Evidemment, avec du homard, le prix est en conséquence, autour de 25$. Ce n’est pas donné mais c’est un vrai régal pour les amateurs de homard.
The Lobster Shack | counter service |
Lobster rolls et autres spécialités de poisson, crabe, homard ou fruit de mer
Adresse : 613 Lincoln Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Juste à côté, l’échoppe de Zeke’s Roadhouse propose une très large sélection de près de 200 bières différentes en provenance du monde entier, dont une petite sélection en pression, pour 4-5$ la bière. Un peu plus loin, une splendide fontaine art déco en forme de flèche et dotée d’un aileron digne d’un jumbo jet trône au milieu de l’allée piétonnière. Sur sa droite, la boutique Sneaker Lovers ravira les aficionados de baskets rares.
Continuez sur le Lincoln Road Mall jusqu’à l’angle de Meridian Avenue. Sur votre droite, la boutique IT’S SUGAR est une enseigne qu’on trouve dans la plupart des centres ultra touristiques et qui propose toutes les sucreries imaginables, parfois en format XXXL. Un bloc plus au nord sur Meridian Avenue, à l’angle de Lincoln Lane, la Lincoln Eatery est un sympathique food hall avec une douzaine de stands différents sous le même toit.
Continuez encore 3 blocs jusqu’à l’angle de Lenox Avenue. Sur la gauche, le Colony Theatre fut construit en 1936 par la Paramount comme un immense cinéma de près de 1000 places. Pendant la seconde guerre mondiale, le cinéma fut réquisitionné par l’armée américaine pour projeter des films d’entraînement aux soldats en formation stationnés à Miami Beach.
Projection pour les soldats au Colony Theatre en 1942
Dans les années 80, le cinéma fut racheté par la ville de Miami et transformé en salle de concert/spectacle, puis entièrement rénové pour lui rendre sa façade art déco d’origine, qui avait été perdue au fil des années.
Sur le trottoir opposé, de l’autre côté du Lincoln Mall Road, un immense Nike Store. En face du Nike Store, de l’autre côté de Lenox Avenue, un immeuble de bureau moderne, dont le rez-de-chaussée donnant sur Lenox Avenue accueille un restaurant Shake Shack.
Shake Shack | counter service |
Les plus célèbres burgers de New York, désormais exportés dans un nombre croissant de grandes métropoles américaines. Oui c’est un peu cher (mais finalement pas tant que cela, surtout avec l’inflation récente qui touche plus les chaînes classiques que haut de gamme). Mais ce sont vraiment des burgers d’exception : le pain est bon, la sauce est bonne, la viande est succulente. Il faut savoir que l’aventure Shake Shack a débuté en 2000 à New York par un food cart de hot dogs dans le Madison Square Park, avant de migrer en 2004 dans un petit kiosque toujours à l’intérieur du parc où le menu s’étoffa des fameux hamburgers qui feront le succès de l’enseigne. Cette institution de New York a ensuite commencé à essaimer doucement sur la côte Est pour finir par s’établir progressivement dans les grandes métropoles américaines. C’est assurément une des meilleures adresses (si ce n’est la meilleure) pour goûter un smash burger de qualité. Pour un burger juteux et goûteux, laissez-vous tenter par un single ShackBurger, accompagné d’une homemade lemonade. Nous ne conseillons pas forcément le double, car l’équilibre des goûts et des saveurs nous semble meilleur sur le single. Les Chick’n Shacks, burgers au poulet, sont également excellents et méritent le détour. Et pour les végétariens (et les autres d’ailleurs), le Shroom Burger, un burger au champignon, est exceptionnel : un champignon portobello farci au fromage, pané et frit remplace la viande. Nous ne conseillons pas les burgers “spéciaux” qui tournent régulièrement à la carte : ils sont très appétissants, mais n’ont pas le même équilibre parfait des burgers signatures de l’enseigne. Les burgers sont accompagnés optionnellement de crinkle fries (des frites ondulées pour plus de croustillant). Enfin l’enseigne sert des milkshakes et de la frozen custard.
Astuce prix : notre option pour ne pas trop gréver notre budget : nous ne prenons que des burgers, sans frites et sans boissons (il y a de l’eau en libre service dans tous les Shake Shack). Vous aurez ainsi le meilleur de l’enseigne, sans trop vider votre portefeuille. Le goût remplacera la quantité. Site : https://shakeshack.com/ Adresse : 1111 Lincoln Rd, Miami, FL 33139 |
Dans le dernier angle de l’intersection, en face du Colony Theatre, l’ancien building de la Chase Federal Savings And Loan Association fut reconverti en espace commercial pour une boutique de Banana Republic qui a malheureusement fermé définitivement pendant le Covid. Si une nouvelle enseigne s’est installée dans l’édifice, n’hésitez pas à entrer jeter un œil : l’aménagement de l’ancienne banque en avait conservé de nombreux éléments, à commencer par les cabines d’essayage, installées dans les coffres de la banque. A noter enfin que cette intersection accueille tous les vendredi soir de 17h30 à 22h30 le Smorgasburg Miami, un grand marché de la street food avec des dizaines de stands tous aussi appétissants les uns que les autres. Si vous logez sur Miami Beach un vendredi soir, n’hésitez pas à y venir faire un tour.
Continuez jusqu’à Alton Road où la section pédestre de la Lincoln Road prend fin. Sur votre gauche un peu avant d’atteindre l’intersection, une échoppe Ladurée propose les célèbres macarons parisiens : pas totalement étonnant sachant que Ladurée appartient au groupe des boulangeries Paul…
Sur votre droite au niveau de l’intersection avec Alton Road, se dresse le très étonnant Herzog and de Meuron Building. Ce parking a été conçu par des architectes suisses, dans un style ultra minimaliste et inspiré du Miami Moderne. Le rez-de-chaussée est occupé par des commerces. Les étages supérieurs sont donc un parking pour voiture sur plusieurs niveaux, mais qui recèle quelques particularités étonnantes: sur la façade donnant sur Alton Road, à mi-hauteur du bâtiment, une immense baie vitrée cache un restaurant au coeur de l’édifice, accessible par des ascenseurs au centre du building. Encore plus étonnant, tout en haut à droite, on devine le balcon d’une résidence privée, un penthouse construit au dernier niveau de l’immeuble, et bénéficiant d’un incroyable jardin en rooftop, ainsi que d’une extension sur le toit de l’immeuble voisin juste derrière, avec piscine également en rooftop.
Herzog and de Meuron Building
Rooftop jardin privé sur le toit du Herzog and de Meuron Building
Puis dans l’angle sud-est de l’intersection, vous trouverez une petite échoppe Ben & Jerry. Cette marque phare du paysage de la crème glacée américaine a vu le jour en 1979 lorsque deux copains s’associèrent pour fonder leur premier magasin de crème glacée en cornet. Leur saga est emblématique d’une certaine Amérique où la réussite rime avec la satisfaction de produire chaque jour un produit de première qualité, et ce sans jamais sacrifier ses idéaux. Ben & Jerry se veut ainsi une marque à part, qui a toujours multiplié les actions sociales, s’enorgueillit de livrer ses glaces dans des pots en carton biodégradable, et utilise dans ses glaces chaque fois qu’elle le peut des ingrédients bio (organic) ou issus du commerce équitable. Son usine dans le Vermont est la première destination touristique de l’Etat, et la marque est réputée pour son sens de la communication très peu conventionnel, multipliant par exemple les Free Cone Days (jour de distribution gratuite de glace) ou en étant la première marque de glace à être allée dans l’espace à bord de la navette spatiale américaine. Mais surtout, la palette de recettes de la marque est sans égale en qualité comme en originalité. Aux côtés des classiques de la marque, on trouve des recettes qui ne dureront que quelque temps avant d’être remplacées par d’autres toujours plus inventives. Toujours en phase avec l’actualité, et jamais avare d’un bon jeu de mots pour nommer ses glaces, Ben & Jerry avait ainsi introduit il y a quelques années en édition limitée une glace vanille aux noix de pécan nommée « Yes Pecan ! » en référence au slogan de campagne d’Obama « Yes We Can ! ». Nos parfums préférés : New York Super Fudge Chunk (crème glacée au chocolat noir saupoudrée de gros éclats de chocolat blanc et noir, de noix, de noix de pécans, et d’amande enrobées de chocolat, une référence de la marque et probablement la meilleure glace au chocolat du monde) et Karamel Sutra (un coeur de caramel fondu enserré entre des crèmes glacées caramel et chocolat, saupoudrée de fins éclats de chocolat noir). On trouve toutes ces glaces en supermarché pour une fraction du prix d’un cornet en boutique, mais si vous êtes un peu nombreux et que vous aimez les challenges, laissez vous éventuellement par le célèbre Vermonster, un sunday géant avec 20 boules de glaces, 4 bananes, des morceaux de cookies et de brownies, le tout recouverte de caramel coulant et de chocolat fondu, crème chantilly et saupoudré d’éclats d’amande, noisette ou m&m’s. Le tout pour … 14 000 calories de bonheur glacé. Compter environ 55$ tout de même.
Ben & Jerry | counter service |
Les plus célèbres glaces américaines et ses parfums phares, mélange de glaces et de généreux morceaux de brownies, de pâte à cookie etc…
Site : https://www.benjerry.com/ Adresse : 1631 Alton Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Puis, juste en face de la boutique Ben & Jerry, vous trouverez l’arrêt de bus Alton Rd & Lincoln Rd, où passent les bus du Miami Beach Trolley (South Beach Loop B ou MB-SLB), que vous prendrez en direction du sud jusqu’à l’arrêt Alton Rd & 4 St, pour économiser 2 km de marche ne présentant pas d’intérêt majeur en termes de visite, ou bien carrément jusqu’au South Pointe Park (arrêt South Pointe Dr & Washington Av) si vous souhaitez couper la dernière partie du circuit. Ces bus sont gratuits, opèrent tous les jours de la semaine, de 8h à 23h, avec une fréquence de passage de 20 minutes max.
Ci dessous le plan du South Beach Loop B (le A est le même mais en sens inverse).
Une fois descendu à l’arrêt Alton Rd & 4 St, revenez sur vos pas sur Alton Road pendant quelques mètres, et prenez les grands escaliers sur votre gauche. Vous arriverez sur une esplanade entre deux immenses complexes résidentiels. Sur votre droite, le ICON at South Beach est un gratte-ciel résidentiel de 42 étages (pour 129 mètres de haut), dessiné par Philippe Starck. Les 2 pièces débutent à 1 millions de dollars, tandis que le triplex de 800m2 qui occupe tout le haut de la tour, avec 1000m2 de terrasse privative, vue à 360 degrés sur la baie et l’océan, et piscine privée en rooftop est actuellement à la vente pour 47 millions de $, avec apparemment une marge de négociation si vous êtes intéressés.
Salon du Triplex au sommet du Icon South Beach
A noter qu’il dispose de 6 chambres avec vue panoramique, et 6 places de parking en sous-sol. Deux salons, cuisines intérieure ET extérieure.
Sur votre droite, le Murano Grande est un complexe résidentiel de 3 tours en escalier, proposant des surfaces moins grandes et des prix plus “raisonnables”. Passez entre les deux complexes en progressant en face vers la baie, et vous trouverez un escalier qui vous permettra de descendre jusqu’à la marina qui borde la Biscayne Bay. Prenez vers la gauche, en direction du sud, le long de la marina.
Continuez le long de la Miami Beach Marina jusqu’à rejoindre une tour circulaire qui n’est en réalité que la partie la plus haute d’un autre complexe résidentiel en escalier, qui s’enroule comme un coquillage, le Murano at Portofino. En poursuivant toujours le long de la baie, vous finirez par rejoindre le South Pointe Park, point de départ de cette longue boucle de 7km hors détour à South Beach.
Segment complémentaire optionnel : retour de Española Way à la 7th St
Si vous logez sur South Beach, vous pouvez évidemment découper ce grand circuit en plusieurs étapes et les répartir sur votre séjour. Dans ce cas, nous vous proposons ci-dessous un segment complémentaire qui permet de faire une boucle entre la 7th St et Española Way, en rajoutant un retour par Washington et Collins Avenue (tracé en orange sur votre carte).
Depuis l’angle de Española Way et de Washington Avenue, prenez vers le sud sur Washington Avenue. Avancez de deux blocs jusqu’à l’angle de la 13th Street, où vous trouverez sur votre droite un magnifique bureau de poste. Le Miami Beach Post Office est un édifice historique Art Deco de 1937, construit pendant la grande dépression, avec des fonds fédéraux alloués dans le cadre des programmes de construction de la Works Progress Administration (WPA). Pour tenter de relancer l’économie et donner du travail aux ouvriers désoeuvrés, le gouvernement de Franklin Roosevelt avait ainsi lancé des grands travaux, construisant des infrastructures comme des barrages, des ponts, mais aussi de nombreux nouveaux bâtiments fédéraux, dont de nombreux bureaux de poste. N’hésitez pas à aller jeter un oeil à l’intérieur où il reste de nombreux aménagements d’époque, dont sous la rotonde avec sa fontaine centrale, les très nombreuses boîtes postales dorées où les gens venaient retirer leur courrier directement à la poste, et une très belle fresque murale représentant le débarquement du conquistador Ponce de Leon en Floride. La fresque est sur 3 panneaux : celui de gauche représente l’arrivée de Ponce de Leon en Floride en 1513, et sa rencontre pacifique avec les indiens. Ponce de Leon était arrivé dans le Nouveau Monde dès 1493, lors du second voyage de Christophe Colomb, à l’âge de 19 ans. Il vécut alors plusieurs années sur la Hispaniola, la première île découverte par Colomb, aujourd’hui découpée en République Dominicaine et Haïti, puis partit explorer Puerto Rico. Il continue d’explorer les Caraïbes et découvre finalement la Floride en 1513, probablement du côté de Saint Augustine. Il retournera en Floride, pour en explorer la côte Ouest en 1521, et sera cette fois immédiatement attaqué par des indiens Calusa. Il sera mortellement blessé par une flèche empoisonnée et décèdera peu de temps après à la Havane, à Cuba. Le second panneau représente le retour en force des Espagnols en Floride, en 1539 : cette fois, ils arrivent plus nombreux (620 hommes), avec des soldats et des chevaux. Ils rencontrent une certaine résistance des indiens occupant la péninsule de Floride, mais mieux équipés, ils s’imposent par la force, au prix parfois de combats sanglants. Le dernier panneau représente le général Jesup, pendant la seconde guerre séminole, ces conflits violents qui opposent l’armée américaine à la résistances des indiens séminoles au début du XIXème siècle. Jesup est représenté en train de parlementer avec des indiens : un choix étonnant de la part de l’artiste, sachant que Jesup finira par capturer le chef des séminoles, Osceola, en le conviant sous un drapeau blanc à une fausse négociation qui se révéla un guet-apens. La manœuvre perfide et contraire à toutes les règles de la guerre fut vivement dénoncée y compris par la majorité des Américains. Malgré 3 guerres, des déportations massives en Oklahoma, plus de 1500 soldats américains tués et la quasi totalité des réserves de l’Etat fédéral dépensée dans ces coûteux affrontements, le gouvernement n’obtint ni la reddition, ni traité de paix avec les derniers résistants Séminoles qui se retranchèrent dans les Everglades. C’est la seule tribu indienne à n’avoir jamais capitulé ou négocier face aux forces fédérales.
A noter également au dessus de l’entrée, un immense pan de mur en carreaux de verre, très classique dans l’architecture Art Deco, surmonté d’un aigle à tête blanche, qui est à la fois le symbole des Etats-Unis, mais aussi des services postaux. D’ailleurs il est toujours présent, de manière stylisé dans les logos les plus récents de la poste américaine :
Continuez sur Washington Avenue. Un peu plus bas sur la gauche, au 1235, se trouve la façade étroite d’un night club (le M2 à l’heure où nous écrivons ces lignes, mais il change assez souvent). C’était en 1989 l’adresse du Glam Slam, le night club de Prince. La façade n’est pas large, mais en réalité la salle de concert qui se trouve à l’arrière est orientée dans la largeur, à l’arrière des commerces sur la gauche de l’entrée. Prince s’y est produit à deux reprises au début des années 90 et y a tourné le clip du titre The Good Life.
Un peu plus loin, toujours sur la gauche, vous trouverez une échoppe Insomnia Cookies :
Insomnia Cookies | counter service |
Chaîne de pâtisseries spécialisées dans les cookies « frais », vendus encore tièdes. Lancée à New York en 2003, leur marque de fabrique est de rester ouvert tard le soir (d’où leur nom). On en trouve maintenant aux 4 coins des Etats-Unis, principalement à proximité des campus universitaires qui constituent une grosse clientèle pour la marque. Les cookies sont franchement bons et la carte est variée. Mais récemment les prix déjà élevés ont encore augmenté, et cela finit par vraiment devenir cher, surtout au regard de la taille des cookies
Site : https://insomniacookies.com/ Adresse : 1227 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 |
Rejoignez l’angle de la 12th Street. Devant vous sur la droite, un bâtiment de style néo-méditerranéen plus large et plus haut que la plupart des autres sur l’avenue est l’ancienne mairie de la ville. Construite en 1927, le Old City Hall occupera sa fonction municipale jusqu’en 1977.
Tournez à gauche dans la 12th Street pour rejoindre Collins Avenue. Immédiatement sur votre gauche en débouchant sur Collins Avenue, se trouve le magnifique Marlin Hotel. Construit en 1939, sa façade arbore la plupart des caractéristiques de l’Art Deco. Dans les années 90, un studio d’enregistrement fut installé dans l’hôtel, qui devint une destination pour les artistes désireux de s’installer au soleil pour maturer leur prochain album. Aerosmith, Jay-Z, ou encore Pharrell Williams ont tous séjourné et enregistré des tubes dans les South Beach Studios du Marlin.
Avant de prendre à droite vers le sud sur Collins Avenue, vous pouvez remonter sur la gauche de quelques mètres pour jeter un œil à la façade Art Deco du Webster Hotel, dessiné par l’architecte Henry Hohauser. Cette portion de Collins Avenue est un concentré de pépites architecturales : en descendant vers le sud, vous passerez devant le Kent, le Palmer House, le Stiles, puis un peu plus bas à l’angle de la 10th St, le Fairwind et le Essex House. Ce dernier est également l’œuvre de Henry Hohauser. Construit en 1938, il annonce l’évolution maritime du style Art Déco, également appelé Nautical Moderne, une branche du Streamline Moderne. L’édifice ressemble à la proue d’un bateau de croisière.
Prenez à droite dans la 10th Street pour revenir sur Washington Avenue. Sur votre droite à l’angle de Washington Avenue se trouve The Wolfsonian, un musée, bibliothèque et centre de recherche affilié à la Florida International University. Ses très riches collections (180 000 pièces couvrant une période de 1885 à 1945) illustrent les évolutions des arts décoratifs et du design industriel depuis la fin du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle. L’édifice qui accueille le musée est lui-même un très bel écrin architectural pour les collections de Mitchell Wolfson Jr., un expert et collectionneur de Miami Beach qui a ouvert cette institution en 1995, avant d’en céder la gestion à la Florida International University. Seule une petite partie des collections est visible au public dans l’espace musée du bâtiment, le reste des objets et documentations étant accessibles aux chercheurs et étudiants qui en font la demande. Elles couvrent le design industriel américain, britannique, allemand, hollandais et italien, la période du New Deal, la propagande soviétique et d’Europe de l’est, les moyens de transport du début du XXème siècle (avions, trains, zeppelin et navires transatlantique) et les grandes expositions internationales et autres World’s Fairs (de Turin, Paris, Chicago et New York notamment). L’entrée du musée coûte 12$ par personne (8$ pour les étudiants et les enfants à partir de 6 ans). Elle est gratuite tous les vendredis de 18h à 21h. Le musée est ouvert de 10h à 18h tous les jours (21h le vendredi ), du mercredi au dimanche.
Tournez à gauche sur Washington Avenue. Vous longez alors le Moxy Miami South Beach, dont le bâtiment principal est un peu en retrait par rapport à la rue. De conception beaucoup plus récente et moderne que la plupart des hôtels historiques de South Beach, s’il n’a pas le charme de l’ancien et de l’art déco, il offre des chambres avec baie vitrée du sol au plafond donnant soit sur la ville, soit sur la mer.
Piscine et bar en rooftop, terrasse avec vue à 360 degrés sur Miami, ambiance branchée et localisation au cœur du quartier art déco, le Moxy représente une alternative aux hôtels art déco qui ont le charme mais aussi les défauts de l’ancien. Evidemment, les prix sont souvent élevés.
Juste à droite de l’entrée de l’hôtel, l’échoppe de Baked Bear propose toutes les déclinaisons imaginables sur le thème du ice cream sandwich. Le principe est simple : un sandwich de crème glacée entre deux cookies. Traditionnellement proposé avec de la glace à la vanille entre deux chocolate chip cookies, les ice cream sandwiches sont ici revisités avec une douzaine de choix de cookies frais différents, une douzaine de parfums de glace, et optionnellement sublimés par différents toppings comme un caramel coulant, un coulis de chocolat chaud etc… Cerise sur le gâteau, vous pouvez demander que votre sandwich soit “hot pressed”, afin que les cookies soient tièdes et la glace ultra fondante. Par contre les prix sont franchement élevés : compter une dizaine de $ pour un ice cream sandwich sur mesure, qu’on peut cependant facilement partager à deux.
Puis tournez à gauche dans la 9th Street pour revenir une fois de plus sur Collins Avenue, à l’angle de laquelle vous découvrirez les lignes épurées du Sherbrooke Hotel, avant de tourner à droite dans Collins Avenue. Continuez sur un bloc, avec une belle concentration de petits établissements art déco très sympathiques (Franklin, Chesterfield, Shelley, Lilly, …). Puis à l’angle de la 8th St, sur votre gauche, se dresse la façade mythique du Tiffany (aujourd’hui Tony Hotel, mais l’enseigne d’origine néon trône toujours au-dessus de l’établissement). Dessiné par Lawrence Murray Dixon en 1939, son look futuriste, sa flèche en aluminium drapée de néon en font une icône du quartier Art Déco. A l’hiver 1997, la collection Printemps-Eté 98 de Gianni Versace est présentée lors d’un défilé sur le toit de cet hôtel : c’est la toute dernière collection dessinée par le couturier, qui venait d’être assassiné à l’été 1997 devant sa résidence de Miami Beach.
Continuez encore un bloc jusqu’à la 7th St : en tournant à gauche vous rejoignez Ocean Drive, et le circuit principal, au niveau du Avalon et du Park Central Hotel.
Parking à Miami Beach
Il est parfois difficile de trouver où se garer dans la rue à Miami Beach. Arriver tôt le matin est souvent la meilleure option pour trouver une place. Les parcmètres facturent 4$ de l’heure, 24h/24 au nord de la 23ème rue, et uniquement de 9h à 15h au sud de la 23ème. Mais très vite les places sont rares. Aussi avons-nous indiqué sur votre carte les principaux parkings publics gérés par la ville. Ils facturent un tarif plus avantageux et sont pour beaucoup d’entre eux couverts : 2$/h en semaine pour les 4 premières heures, puis 1$ de l’heure au-delà, Max 20$ pour 24h, 15$ la journée les vendredi, samedi et dimanche.
A la pointe sud de South Beach, vous pouvez ainsi vous garer au South Pointe Park (parking extérieur), et plus haut vous trouverez des parkings municipaux à l’angle de :
- La 7ème et Collins
- La 12ème et Washington Avenue (derrière le Old City Hall)
- La 13ème et Collins
- La 17ème, tout en bout de Convention Center Drive
- Pennsylvania Avenue et Lincoln Lane
Miami Beach en vélo
Il est aussi possible de faire tout ou partie des circuits proposés en vélo, mais attention, en été, il peut faire très chaud. Sachez également qu’il est particulièrement difficile de suivre un circuit en vélo, et que le vélo n’est pas très approprié si l’on veut multiplier les arrêts pour admirer les immeubles, entrer dans les boutiques etc… :
Bike And Roll Miami – South Beach (10th & Collins)
Site : http://bikemiami.com/rentals/
Adresse : 210 10th Street Miami Beach, FL 33139
Horaires : tous les jours de 8h30 à 18h
Prix : de 15$/h à 35$ la journée pour le modèle le moins cher (20$/59$ pour un vélo électrique)
Réservation possible à partir d’une journée.
Télécharger la carte de routes cyclables
Il est possible de quitter Miami Beach par la Venetian Causeway pour rejoindre par exemple Downtown Miami, voire Coconut Grove ou la Venetian Pool à Coral Gable. Mais faites bien attention aux distances, et également à la chaleur si vous êtes en été. Nous avons reproduit à droite les principales distances et temps de route en vélo afin de choisir au mieux vos destinations si vous souhaitez quitter South Beach.
Manger pas trop cher à South Beach
Il y a littéralement des centaines de restaurants à South Beach. Disons le d’emblée, les prix sont élevés voire très élevés et les options pour budget serré sont limitées. Voici donc déjà quelques rares enseignes de restauration rapide sympas qu’on peut trouver sur South Beach, et où l’on peut généralement s’en sortir pour moins cher que dans un resto classique.
Pollo Tropical | counter service |
Pollo Tropical se positionne comme un “grill caribéen”. Le poulet est mariné aux agrumes puis cuit sur d’immenses grills. Les accompagnements sont variés et originaux : banane plantain, riz jaune, yucca frit… On y trouve aussi des spécialités de porc. La chaîne est principalement présente en Floride, au Texas et en Georgie. Un fast-food atypique mais pas inintéressant et qui change.
Site : https://www.pollotropical.com/ Adresse : 1454 Alton Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Raising Cane’s Chicken Fingers | counter service |
Les meilleurs fingers de poulet frits de la scène fast-food. La carte est extrêmement simple : des chicken fingers de qualité, cuits à la demande à partir de viande de qualité non surgelée, accompagnée d’une sauce maison signature addictive, et de Texas Toasts (une tranche de pain de mie légèrement briochée, beurrée et toastée) et de coleslaw (au demeurant excellente). Le tout avec de la homemade lemonade et du thé glacé. Pour la petite histoire, la chaîne a été fondée par deux étudiants particulièrement persistants : le concept derrière Raising Cane’s a été élaboré dans le cadre d’un cours de rédaction de business plan, où ils reçurent la note médiocre de C moins. Pas découragés pour autant, nos deux entrepreneurs en herbe firent le tour des investisseurs sans connaître plus de succès. Ils financèrent alors leur premier restaurant en travaillant comme soudeur et comme saisonnier dans la pêche au saumon dans le grand nord. Et sont aujourd’hui à la tête d’un réseau de 600 restaurants en pleine croissance.
Astuce prix : si vous êtes nombreux, prenez un Tailgate combo de 25 ou 50 chicken fingers, ce sera beaucoup moins cher qu’un menu par personne. Et on est là pour le poulet, pas pour les frites ! Site : https://www.raisingcanes.com/ Adresse : 1651 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 |
Shake Shack | counter service |
Les plus célèbres burgers de New York, désormais exportés dans un nombre croissant de grandes métropoles américaines. Oui c’est un peu cher (mais finalement pas tant que cela, surtout avec l’inflation récente qui touche plus les chaînes classiques que haut de gamme). Mais ce sont vraiment des burgers d’exception : le pain est bon, la sauce est bonne, la viande est succulente. Il faut savoir que l’aventure Shake Shack a débuté en 2000 à New York par un food cart de hot dogs dans le Madison Square Park, avant de migrer en 2004 dans un petit kiosque toujours à l’intérieur du parc où le menu s’étoffa des fameux hamburgers qui feront le succès de l’enseigne. Cette institution de New York a ensuite commencé à essaimer doucement sur la côte Est pour finir par s’établir progressivement dans les grandes métropoles américaines. C’est assurément une des meilleures adresses (si ce n’est la meilleure) pour goûter un smash burger de qualité. Pour un burger juteux et goûteux, laissez-vous tenter par un single ShackBurger, accompagné d’une homemade lemonade. Nous ne conseillons pas forcément le double, car l’équilibre des goûts et des saveurs nous semble meilleur sur le single. Les Chick’n Shacks, burgers au poulet, sont également excellents et méritent le détour. Et pour les végétariens (et les autres d’ailleurs), le Shroom Burger, un burger au champignon, est exceptionnel : un champignon portobello farci au fromage, pané et frit remplace la viande. Nous ne conseillons pas les burgers “spéciaux” qui tournent régulièrement à la carte : ils sont très appétissants, mais n’ont pas le même équilibre parfait des burgers signatures de l’enseigne. Les burgers sont accompagnés optionnellement de crinkle fries (des frites ondulées pour plus de croustillant). Enfin l’enseigne sert des milkshakes et de la frozen custard.
Astuce prix : notre option pour ne pas trop gréver notre budget : nous ne prenons que des burgers, sans frites et sans boissons (il y a de l’eau en libre service dans tous les Shake Shack). Vous aurez ainsi le meilleur de l’enseigne, sans trop vider votre portefeuille. Le goût remplacera la quantité. Site : https://shakeshack.com/ Adresse : 1111 Lincoln Rd, Miami, FL 33139 |
Five Guys Burgers & Fries | counter service |
Cette chaîne originaire de la Virginie (premier fast-food ouvert en 1986 à Arlington) a connu un vif succès : Five Guys c’est aujourd’hui 250 000 hamburgers servis chaque jour ! Un menu simple : burgers (hamburger, cheeseburger, bacon burger), hot dog (kosher style, cheese, bacon), sandwiches (veggie, grilled cheese), fries (five guys style & cajun). Les burgers sont bons et proposés en deux tailles. On appréciera également l’ambiance des Five Guy’s, avec les sacs de frites entreposés sur des palettes au milieu du restaurant, et le carton de cacahuètes en libre service. Pour notre part, nous trouvons que si les burgers sont bons, ils sont vraiment chers pour de la restauration rapide. Mais ça reste une question de goût : certains trouvent les burgers du Five Guys encore meilleurs que ceux du Shake Shack, ce n’est clairement pas notre cas, donc à tester pour vous faire votre avis.
Site : http://www.fiveguys.com/ Adresse : 1500 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139, USA |
Une autre option si on est sur un budget très très serré est d’aller grignoter dans un convenience store de l’enseigne 7-Eleven :
7-Eleven |
7-Eleven est l’enseigne américaine de convenience store la plus répandue aux Etats-Unis. Les conveniences stores sont des supérettes de centre ville où l’on trouve un peu de tout pour pas trop cher. Originellement ouvert de 7h à 23h (d’où le nom de l’enseigne), les 7-Eleven sont aujourd’hui ouverts 24h/24. C’est pratique. C’est plutôt pas cher voire très peu cher. Et on y trouve de quoi se sustenter pour quelques dollars. Les 7-Eleven sont notamment connus pour leurs Big Gulps (fontaines à soda offrant des tailles de cups gargantuesques pour généralement moins d’un ou deux dollars selon la promotion du moment). On y trouve également des Slurpees au nom évocateur (du bruit que l’on fait en consommant ladite préparation) : ce sont des boissons glacées granitées aux parfums variés (le Slurpee coca étant le plus classique). C’est très froid à défaut d’être très bon et si vous en buvez une grosse gorgée trop vite, vous ferez l’expérience d’un brain freeze (comme un mal de tête soudain et très bref au moment de l’absorption trop rapide d’une grande quantité de nourriture trop froide). A noter que le 11 juillet est le Free Slurpee Day, donc si vous vous trouvez aux Etats-Unis à cette date, n’hésitez pas ! Les 7-Eleven servent également un large assortiment de snacks chauds, notamment des parts de pizzas, des hot-dogs et autres dérivés de hot-dogs, des mini-tacos et autre nourriture assez étranges, mais toujours très peu chères. On peut prendre une part de pizza pour moins d’un dollar, une large pizza pour 5-6$, et toujours des special deals comme deux hot dogs et une boisson pour 3$, une large pizza et 5 hot wings pour 10$ etc… Le rapport calorie-prix est imbattable. Mais soyons clair, on est vraiment ici dans la catégorie junk food d’entrée de gamme, ne vous attendez pas à des mets succulents ni à des pizzas napolitaines au feu de bois. Mais on y trouve son compte.
A noter que certaines des offres les plus intéressantes sont limitées aux membres du programme de fidélité 7Rewards. Il suffit de télécharger l’application sur l’app store android ou apple pour pouvoir en profiter en scannant son code barre à la caisse. Adresses : 890 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 / 350 Lincoln Rd, Miami Beach, FL 33139 Horaires : 24h/24 – 7j/7 |
Hors des chaînes (au demeurant très peu nombreuses sur SoBe), on trouve aussi quelques petits fast foods, cafétérias ou delis indépendants sympas et pas trop chers :
Las Olas Cafe | counter service |
Petite échoppe de cuisine cubaine bien notée et pas trop chère (quoique) pour manger des sandwichs cubains ou des assiettes riz/viande, mais aussi pour prendre un petit-déjeuner (Breakfast sandwich à partir de 7$, pancakes de 2 à 4$, bagel 4$).
Avis et photos : http://www.yelp.com/biz/las-olas-cafe-miami-beach Adresse : 644 6th St, Miami Beach, FL 33139 |
Harold’s Shrimp & Chicken – Miami Beach | counter service |
Petit restaurant en mode fast food de poulet, crevettes et poisson frits à partir de 10-12$, mais aussi des wings 🙂 . Très bien noté.
Site : https://haroldsshrimpandchicken.com/ Adresse : 1311 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 |
Ocean Deli Market | counter service |
Petit deli proposant notamment des breakfast sandwich (baguette, pain cubain ou croissant) à partir de 6$ et des sandwichs dont cubain à partir de 8$, café 3$, expresso 1.5$
Adresse : 1941 Liberty Ave, Miami Beach, FL 33139 |
Et enfin quelques adresses pour manger des petits déjeuners américains (ou latino américains) complets (et parfois des options pour le lunch également) :
Playa Cafe | counter service |
Café cubain très bien noté proposant notamment des petits-déjeuner américains et cubains pas chers à partir de 7$. Mais aussi des déjeuners avec assiette à partir de 11$, sandwich dont cubain à partir de 8.5$.
Site web : https://www.playitacafe.com/ Adresse : 1515 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 |
Eggstaurant | counter service |
Propose des burgers d’oeufs (brouillés) (sandwicheggs), vraiment bons mais pas donnés à partir de 8$.
Adresse : 1516 Washington Ave, Miami Beach, FL 33139 Site : https://eggstaurant.com |
On Ocean 7 Cafe | table service |
Café de l’hôtel Majestic Hotel, très bien noté. Petit-déjeuner américain à partir de 10$ l’assiette (il faut ajouter le prix également des boissons), sur Ocean Drive
Adresse : 660 Ocean Dr, Miami Beach, FL 33139 Site : https://www.majesticsouthbeach.com/majesticsouthbeach-Dining |
Taste Cafe | counter service |
Petit-déjeuner à partir de 8$ (2 pancakes, ou 2 waffles, ..), avocado toast à 9$, the Taste Griddle Sandwich (scrambled eggs, cheese, bacon) à 8$, the southern waffle sandwich (eggs, bacon, crispy chicken tends, mapple syrup entre 2 gaufres) à 14$
Adresse : 773 17th St , Miami Beach City Hall Avis et photos : https://www.tripadvisor.com/Restaurant_Review-g34439-d2142192-Reviews-Taste_Bakery_Cafe-Miami_Beach_Florida.html |
Dulce Vida Mexican | counter service |
Pour un petit-déjeuner version américano-mexicaine (breakfast place 2 oeufs brouillés, viande, beans et tortillas à 12$, breakfast burritos 8.5$), ou des tacos pour le déjeuner à partir de 12$ les 3.
Site : https://dulcevidamexican.com/ Adresse : 642 6th St, Miami Beach, FL 33139, États-Unis Avis et photos : https://www.tripadvisor.com/Restaurant_Review-g34439-d15556867-Reviews-Dulce_Vida_Mexican_Restaurant-Miami_Beach_Florida.html |
Einstein Bros. Bagels | counter service |
Chaîne de bagels répandue dans tous les Etat-Unis.Pour un bagel au petit-déjeuner : bagel simple et café, ou egg sandwich dans un bagel et plein d’autres options.
Site : https://www.einsteinbros.com/ Adresse : 1500 Alton Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Dunkin’ Donuts | counter service |
La chaîne numéro 1 du doughnut aux Etats-Unis. On en trouve un peu partout. Pour dépanner quand on ne trouve pas de petite échoppe locale indépendante, où les doughnuts sont généralement meilleurs et souvent moins chers. A noter que leur carte incorpore également des breakfast sandwichs et une large variété de boissons, notamment caféinées.
Site : https://www.dunkindonuts.com/ Adresse : 1606 Alton Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Supermarchés à South Beach
Vous trouverez 3 supermarchés Publix (l’enseigne la plus répandu en Floride) à South Beach. Vous y trouverez aussi de quoi vous restaurer.
Publix Super Market |
Adresses :
|
L’un de ces supermarchés est localisé au croisement de la 6ème rue et Alton St, juste à l’arrivée de la McArthur Causeway dans Miami Beach, au sein d’un grand centre commercial avec plusieurs enseignes. Vous avez un parking gratuit les deux premières heures. Et juste à côté, une enseigne Target, avec moins de choix en termes de nourriture mais souvent des prix plus intéressants :
TARGET |
Chaîne de supermarché où l’on trouve un peu tout, y compris un rayon alimentaire pas forcément très étoffé mais avec des prix un cran inférieur aux autres grandes et moyennes surfaces alimentaires de centre ville.Adresse : 1045 5th St Unit 201, Miami Beach, FL 33139 |
Enfin, l’enseigne de supermarché bio à la mode américaine :
Whole Foods Market |
La chaîne de supermarché bio à la mode. Très large choix, y compris de nourriture à emporter.Adresse : 1020 Alton Rd, Miami Beach, FL 33139 |
Kayak dans la baie de Miami
Il est également possible de faire une petite balade en kayak dans la Biscayne Bay à partir du Maurice Gibb Memorial Park au nord-ouest de South Beach, juste au nord de l’arrivée de la Venetian Causeway.
Vous pourrez par exemple passer dans les canaux autour des Sunset Islands juste au nord du parc, et voir les superbes villas, ou bien rejoindre les Venetians Island, ces îles artificielles le long de la Venetian Causeway, avant de traverser un bout de la baie pour aller rejoindre la Flagler Memorial Island et profiter de ses mini-plages au milieu de la Biscayne bay.
On considère qu’en paddleboard, un débutant ou non sportif fait du 2-3 km/h, et une personne plus sportive, 4-5 km/h. Une boucle au milieu des Venetians Island et jusqu’au Flagler Memoria Monument fait environ 3.5 km donc faisable en 2h même pour des débutants. Les kayaks vont généralement un peu plus vite.
Il y a trois prestataires alignés sur Sunset Harbour Drive, juste en face du Maurice Gibb Memorial Park. Ils proposent des tarifs différents selon le nombre de personnes, le jour de la semaine, la durée, le type d’embarcation, si bien qu’il est compliqué d’en conseiller un plutôt qu’un autre car cela dépend vraiment de toutes ces contraintes. Nous vous invitons donc à vérifier le prix dans votre cas de figure auprès de ces trois prestataires pour vous faire une idée. Ils proposent tous les trois des paddleboards (ou SUP), des kayaks simples et des kayaks doubles. Certains proposent également des Jet Skis ou des bateaux, mais pour un tarif nettement plus élevé.
MB Watersports
adresse : 1416 18th St, Miami Beach, FL 33139
Site : https://www.mbwatersports.com/
Leur tarification est dégressive en fonction du nombre de personnes, mais varie en semaine ou le week-end. Selon les cas, ils peuvent être bien plus chers ou au contraire moins chers que leurs concurrents. Ils proposent des paddleboards et des kayaks, mais aussi un paddleboard géant qui peut embarquer jusqu’à 5 adultes pour une expérience en famille ou entre amis.
Miami Beach Paddleboard
adresse : 1701 Purdy Ave Shop C-102, Miami Beach, FL 33139
Site : https://miamibeachpaddleboard.com/
Ils proposent des paddleboards et des kayaks, mais aussi des eFoil électriques : des planches motorisées qui s’élèvent au-dessus de l’eau sur un foil, une petite aile sous-marine. Pour les amateurs de sensations de glisse.
Biscayne Bay Paddleboards & Kayaks
adresse : 1701 Sunset Harbour Dr c 206, Miami Beach, FL 33139
Site : https://www.biscaynepaddle.com/
Ils proposent des paddleboards et des kayaks.
A noter que les deux derniers prestataires sont quasi côte à côte, au rez-de-chaussée du même immeuble. Le premier est 50 mètres plus haut sur l’avenue.
Vue aérienne de la Flagler Memorial Island et des Venetians Islands sur la droite
Vous avez apprécié ce début de circuit ? Découvrez l’intégralité de ce circuit dans un package complet comprenant la carte détaillée avec tous les points d’intérêt, le tracé de l’itinéraires sur la carte, le texte intégral et illustré de description du circuits au format PDF (58 pages), imprimable ou chargeable dans vos téléphones portables.
(Paiement par carte bancaire ou Paypal – téléchargement immédiat après règlement)
Un circuit à Key West et une carte adaptée à la consultation sur place
Notre expérience du voyage nous a conduit à trouver la formule optimale d’exploration des villes : une grande préparation en amont pour identifier tous les points d’intérêts, l’élaboration du meilleur circuit pour les explorer, et un outil efficace sur place pour suivre le tracé de ces circuits et identifier tous les points d’intérêt. Cet outil, ce sont les cartes interactives avec géolocalisation de votre position, sur un téléphone portable. C’est beaucoup plus efficace qu’un plan papier, et vous passez en outre beaucoup plus inaperçu dans la ville à consulter votre mobile qu’avec un plan à la main.
Un circuit à Key West consultable sur vos téléphones, tablettes ou liseuses
Aussi, nous nous proposons de vous faciliter votre visite de South Beach en accédant à notre circuit au format PDF, mais aussi à la carte interactive correspondante avec le tracé des circuits et les différents points d’intérêt. Vous recevrez donc nos trois circuits au format PDF (pour les charger dans vos téléphones portables ou tablettes et/ou les imprimer) soit 58 pages de descriptions détaillées. Le circuit est également agrémentés de nombreuses propositions de restauration dans les quartiers traversés, et de nos meilleures adresses pour goûter notamment aux spécialités iconiques des Keys …
Une carte interactive avec le tracé du circuit de South Beach et les points d’intérêt
Vous aurez également accès à une carte Google Maps détaillées de ce circuit, dans laquelle vous retrouverez le tracé précis du circuit, et tous les points d’intérêt cités dans le circuit (monuments, restaurants, magasins, lieux insolites etc.).
Vous recevrez également une documentation pour installer l’application gratuite Organic Maps sur votre téléphone portable ou tablette, charger la carte de South Beach et le tracés du circuit et ses points d’intérêt dans Organic Maps, ainsi que le fichier au format KMZ regroupant les points d’intérêts et le tracé du circuit nécessaires pour charger le circuit dans Organic Maps.
Une application gratuite pour suivre le tracé du Circuit South Beach sur vos téléphones portables et tablettes
Vous pourrez consulter en ligne la carte de South Beach depuis votre ordinateur pour préparer votre séjour, mais vous pourrez également la charger dans vos téléphones portables via l’application gratuite Maps.me pour une utilisation une fois sur place à Los Angeles : vous disposerez alors d’une carte détaillée de South Beach, du tracé des circuits et de l’emplacement des routes, des points d’intérêts, sur votre téléphone portable (ou tablette), en mode hors ligne (sans avoir besoin de vous connecter à internet par wifi ou réseau mobile, sans aucun surcoût). Vous pourrez même utiliser gratuitement la fonction GPS de votre téléphone pour visualiser votre emplacement exact sur la carte à tout moment, et suivre facilement le tracé des circuits.
Nous vous conseillons d’ailleurs de suivre les itinéraires à deux, avec chacun un téléphone portable : l’un suit le tracé sur la carte et vous dirige dans les rues de South Beach, l’autre suit les itinéraires sur les documents PDF, et lit les différentes informations sur les lieux rencontrés.
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