Construire votre circuit dans l’Ouest Américain

L’Ouest Américain est une immense région. Construire son itinéraire pour un séjour de 2, 3 voire 4 semaines n’est pas aisé. Les options sont innombrables, les distances élevées, et ce qu’on lit ici ou là, notamment dans les circuits des agences de voyage et des tours operators est contradictoire. Après plus de 20 ans à parcourir ces régions sauvages, des dizaines de voyages personnels, et des centaines d’itinéraires sur mesure concoctés pour nos clients de notre offre coaching, on peut dire que bâtir un circuit cohérent et au rythme raisonnable est un exercice que nous maîtrisons parfaitement. Nous allons essayer de vous donner les clés pour construire le votre en évitant les principaux pièges, et en utilisant des portions de circuits « type » que nous avons élaborées pour vous.

Comprendre la Géographie de l’Ouest Américain

La première chose à bien appréhender quand on envisage un séjour dans l’Ouest Américain, c’est la dimension et les contraintes géographiques de ce vaste territoire. Ce n’est qu’en ayant une bonne compréhension de ces grands espaces et de ce qu’on y trouve, qu’on peut construire un itinéraire cohérent et raisonnable. Il faut le dire et le répéter : la majorité des circuits que nous voyons proposés par les agences de voyages et tours operators, et des circuits dérivés qu’on trouve un peu partout sur Internet, au gré des blogs et des forums, nous paraissent déraisonnables dans le meilleur des cas, et totalement impossible à mettre en oeuvre une fois sur place dans le pire des cas. Autre point important : nous entendons souvent parler « du circuit classique » dans l’ouest américain. Disons le tout net  : il n’y a PAS de circuit classique. L’ouest est bien trop grand pour qu’on puisse trouver UN circuit classique. Il y a des constantes qu’on va retrouver fréquemment d’un circuit à l’autre (Los Angeles, San Francisco, Grand Canyon, Monument Valley sont parmi les étapes les plus souvent citées), mais jamais toutes dans le même circuit parce que c’est géographiquement impossible dans le temps imparti. Voyons donc déjà les grandes régions qui composent cet espace géographique étendu, et ce qu’on y trouve :

Le cœur de ce qu’on va appeler l’Ouest des Grands Parcs est pour nous sans conteste centré autour de la moitié sud de l’Utah et la partie nord de l’Arizona, le long de cette diagonale tracée par la rivière Colorado, de Moab au Hoover Dam. C’est ce qu’on appelle aussi, le Plateau du Colorado (pas l’Etat du Colorado, plus à l’est, cf ci dessus). C’est un plateau de haute altitude, traversé par la rivière Colorado, rivière qui a creusé à travers ce plateau de profonds canyons tout au long de son tracé. C’est dans cette région qu’on trouve la plus grande concentration de paysages qui ont marqué les esprits au point de constituer autant de cartes postales mythiques dans nos imaginaires, de Arches National Park à Bryce Canyon, de Monument Valley au Grand Canyon, du Lake Powell à la Route 66, pour ne citer que les plus connus. Toutes les autres régions de l’Ouest américain s’organisent ainsi autour de ce pôle central. C’est la région en rouge sur notre carte :

On trouvera autour du Plateau du Colorado les régions périphériques mais non moins importantes et riches en possibilités suivantes :

– A l’ouest, la Californie, qui bénéficie de l’immense potentiel d’attraction de San Francisco (mérité) et de Los Angeles (souvent jugé moins intéressante, mais assez largement à tort), et qui couplée aux séquoias géants de Yosemite, constitue pour beaucoup un passage obligé d’un périple dans l’Ouest, jusqu’à faire ombrage bien des fois aux joyaux de l’Ouest de Grands Parcs trop souvent effleurés par une brève excursion à Las Vegas. Nous aimons beaucoup la Californie, mais il n’en reste pas moins que de notre point de vue, le cœur des richesses de l’Ouest américain se trouve sur le Plateau du Colorado, et nous déconseillons vraiment si vous n’avez pas assez de temps pour faire les deux confortablement, de laisser la portion congrue aux grands parcs nationaux de l’Utah et de l’Arizona au profit d’un séjour plus important dans la partie Californienne de l’Ouest Américain. A noter également, la Californie, surtout la côte et la partie Sud, se visite toute l’année, et est exceptionnellement agréable en hivers (sauf les régions de haute montage de la Sierra Nevada / Yosemite).

– Au nord du Plateau du Colorado, de très vastes territoires relativement excentrés mais recelant bien des surprises ne doivent leur salut qu’au pouvoir d’attraction phénoménal du Yellowstone National Park, et plus secondairement du Grand Lac Salé et du Mont Rushmore pour justifier chez les plus audacieux les milliers de Km supplémentaires qu’exige un détour par le Wyoming, le Montana ou le Dakota du Sud.

– Au sud, la partie sud de l’Arizona combat l’absence de destination aussi mythique et prestigieuse par sa position d’articulation naturelle entre le sud de la Californie et la zone des Grands Parcs, dans la prolongation de la rivière Colorado, s’appuyant sur des destinations souvent sous-estimées comme Sedona pour tirer vers le sud les visiteurs du Grand Canyon. Phoenix peut également être une étape intéressante, pour peu qu’on y explore les anciennes pistes de l’Apache Trail et qu’on profite des restes encore vivace de la culture Western, largement absente des parcs du Plateau du Colorado qui occupent une région trop désertique. Le Nouveau Mexique encore plus excentré à l’Est bénéficie quant à lui de l’axe de la route 66 pour irriguer ses très riches contrées du Nord, de Santa Fe à Farmington.

– A l’Est de la boucle des Grands Parcs : le Colorado, parfois effleuré dans son angle sud-ouest à Four Corners, mais très rarement incorporé dans toute son étendue aux itinéraires classiques. Cet état renferme pourtant une très grande diversité de paysages et d’activités sur un territoire très concentré que le Colorado. Cette diversité, couplée à la présence bien opportune à Denver d’un aéroport international qui est aussi l’une des plaques tournantes majeures du trafic aérien nord-américain fait du Colorado une porte d’entrée alternative idéale de circuits itinérants à destination de la majorité des autres destinations de l’ouest. Plus d’info sur notre article dédié : le Colorado, le secret le mieux gardé de l’Ouest Américain.

– Le long de la Côte Nord-Ouest, en Californie du Nord dans les parcs de Sequoias d’Humboldt, Prairie Creek et Redwood National Park, ou dans les sommets volcaniques du Lassen National Park, en Oregon et dans l’Etat de Washington : Seattle, Portland, les dunes et plages désertes de l’Oregon, les forêts pluviales d‘Olympics et les baleines.

Ces territoires et leurs paysages diversifiés s’étendent sur des milliers de kilomètres. Pour un premier séjour, on se concentre généralement sur une ou deux zones, généralement le Plateau du Colorado et la Californie, pour un mix ville-culture-nature un peu équilibré et voire un peu de tout. Si l’on dispose de trois semaines, une diagonales Denver – Las Vegas – Los Angeles, ou Denver – Las Vegas – San Francisco est une bonne option pour diversifier au maximum son circuit en évitant de boucler et de rajouter de la route inutile.

Circuits en kit : nos segments d’itinéraires combinables

Nous avons imaginé des segments d’itinéraires, combinables entre eux de multiples façons, et permettant d’explorer intelligemment les différents recoins des régions cités plus haut. En voici l’essentiel sur une carte de synthèse. Nous reprendrons prochainement chacun de ces segments d’itinéraire dans des articles plus détaillés afin de vous donner un meilleur aperçu de ce que vous pouvez y trouver à chaque étape, et du temps qu’il est conseillé de passer sur chaque sous-région. A noter que sur la carte de synthèse ci-dessous, les points indiqués sont les villes étapes et non les activités sur le chemin entre chaque étape ou à chaque étape, activités et lieux à découvrir qui seront détaillés dans des cartes plus précises de chaque segment, pour chacun d’entre eux.

Voici donc la liste des différents morceaux de circuits et les articles détaillant chacun d’eux :

Nous vous donnerons également des conseils sur les différentes manières de combiner ces segments d’itinéraires (ou des sous-parties de ces segments) entre eux pour former des boucles cohérentes et équilibrées.

Comment coucher son itinéraire sur papier

Une fois le tracé approximatif de l’itinéraire décidé, il est indispensable de faire un document reprenant l’itinéraire jour par jour. Nous vous conseillons de le faire sur un tableur (Excel ou un tableur en ligne comme Google Sheet que nous utilisons personnellement). Pour chaque journée, il est nécessaire d’indiquer sur 3 cases différentes, les 3 informations suivantes :

  • ce que vous allez faire dans cette journée (dans l’ordre)
  • où vous allez dormir, c’est à dire le point d’étape
  • le temps de trajet

Voici un exemple d’une portion d’itinéraire telle que nous les échafaudons :

Comme vous le voyez, il n’est pas forcément utile de rentrer trop dans les détails, une description sommaire des activités de la journée est suffisante. Il est indispensable de faire figurer séparément les activités (ce que l’on fait) du point d’étape (où l’on dort). Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de problèmes sérieux dans les itinéraires qu’on nous soumet nous détectons chaque jour, lié au fait d’avoir construit un itinéraire qui ne fait pas cette distinction. Les points d’étapes (les nuits), sont des jalons réguliers, et il est capital de savoir ce que l’on fait entre chacun de ces jalons. Un itinéraire qui décrit uniquement les points d’étapes, ou à l’inverse uniquement le contenu de la journée, ne permet pas de juger de la pertinence ou de la faisabilité du parcours.

Autre point : n’indiquez aucune distance en km ou en miles, c’est une indication sans aucun pertinence. Ce qui compte c’est le temps de route. Calculez le en utilisant Google Maps, et en incluant pas seulement le trajet entre les deux points d’étapes, mais aussi les éventuels détours imposés par vos visites de la journée. Gardez à l’esprit que c’est un temps de route approximatif et plutôt minimal, et qu’il n’inclut ni les pauses, ni l’arrêt à la pompe etc. De nombreux circuits proposés par les tours operators sont déraisonnable car ils estiment les distances entre les points d’étapes uniquement. Par exemple, vous verrez souvent une journée, où vous partez de Grand Canyon Sud, pour arriver à Kanab. L’estimation Google Maps donne 3h40. C’est beaucoup pour une journée, mais ça reste faisable. Par contre, l’itinéraire indique comme activité de la journée : Monument Valley. Si l’on rajoute cette activité dans le calcul du temps de route, Google Maps nous donne  un tout autre résultat, de 6h20 de route. Autant dire que cette journée est impossible. D’une manière générale d’ailleurs, les activités de la journée ne doivent représenter que des détours limités par rapport au trajet direct entre les deux étapes. Si le détour est trop long, c’est que l’itinéraire est mal conçu. D’une manière générale, on évite au maximum les détours, les activités doivent être sur la route entre les étapes. Si ce n’est pas le cas, il faut changer les activités ou changer les étapes. Essayez de limiter au maximum les journées de route égales ou supérieures à 4h. Sauf cas rare, les journées de route de 6, 7 ou 8 heures sont l’indice évident d’un itinéraire mal conçu. Essayez de limiter à 2 à 3h de route maximum la majorité de vos journées.

Nous déconseillons également de chercher à tout prix à faire plusieurs jours à chaque étape pour rayonner à partir d’un nombre limité d’étapes. Le plus souvent cela ne fonctionne pas pour un circuit dans l’ouest américain, et cela va vous rajouter beaucoup de route au final. Il vaut mieux changer plus souvent de lieu d’étape, et avoir des journées de route plus courtes et plus régulières. On ne reste plusieurs jours à une étape que si l’étape elle même le justifie, ce qui est assez rare dans les parcs de l’ouest américain.

Enfin, dernier conseil essentiel : positionnez toujours vos étapes à proximité de votre activité principale du jour suivant. Le bon timing c’est de pouvoir faire l’activité à l’endroit où l’on a dormi, pour ne pas avoir de route le matin avant de faire cette activité, être au plus tôt sur l’activité, avant les grandes chaleurs du milieu de journée, et avant le gros de la foule. Puis après cette activité, de prendre la route pour l’étape suivante. Essayez d’y arriver en milieu ou fin d’après midi, de manière à avoir le temps de vous relaxer et vous reposer un peu en fin de journée, et de pouvoir vous coucher tôt pour répéter ce cycle le jour suivant.

Si vous respectez tous ces conseils, vous devriez pouvoir concevoir des itinéraires équilibrés et raisonnables. Si vous avez du mal ou préférez être épaulé dans cette tâche, n’hésitez pas à consulter nos offres d’assistance, notamment la Hotline et le Coaching. Si vous cherchez des hébergements à chaque étape, n’hésitez pas à consulter nos articles sur la recherche d’hôtel aux Etats-Unis et notre offre d’assistance gratuite à la recherche d’hôtel pour votre séjour.

Nous avons compilé la liste des hôtels que nous avons le plus souvent conseillés cette année dans un article dédié. Vous y trouverez les hôtels qui se classent le plus régulièrement comme les offres les plus intéressantes notamment dans l’Ouest Américain.

2 Commentaires

  1. Make My Trip

    Parcours super intéressant et bien détaillé ! merci pour cet article

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  2. Hélène

    Alors là !!!! Chapeau !! Quel boulot !!!! Merci beaucoup pour tous ces parcours et conseils et surtout merci pour ce partage ! Vous êtes extraordinaires !

    Répondre

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