Voyage aux Etats-Unis : peut-on partir en 2021 ?

Des frontières toujours fermées, mais…

Avec l’arrivée de la nouvelle année, il est temps de faire un point sur la situation du tourisme aux Etats-Unis. Allons droit au but : les frontières ne sont toujours pas réouvertes entre l’Union Européenne et les USA, ni dans un sens ni dans l’autre, et aucune information nouvelle sur une prochaine ou lointaine date de réouverture n’est plus communiquée par aucun gouvernement. 

Mise à jour du 19 janvier 2001 : pendant un bref instant, la perspective d’une réouverture des frontières à refait surface avant de s’effacer de nouveau. En effet, le lundi 18 janvier dans l’après-midi, l’administration Trump sur le départ a annoncé la réouverture des frontières des Etats-Unis pour les voyageurs en provenance d’Europe à partir du 26 janvier, date à laquelle un test Covid négatif sera rendu obligatoire pour tous les voyageurs arrivant aux Etats-Unis. Mais dans les minutes qui ont suivi cette annonce, que les compagnies aériennes réclamaient avec de plus en plus d’insistance et que de nombreux responsables de l’administration Trump appelaient de leurs vœux depuis plusieurs mois, la porte parole de la future administration Biden indiquait sur Twitter que le nouveau gouvernement qui prendra ses fonctions le 20 janvier reviendrait immédiatement sur cette décision et maintiendrait les frontières fermées. Dans les deux camps, il est indéniable que les décisions annoncées relèvent au moins pour partie d’un jeu politique voire politicien qui dépasse les choix de politique publique et sanitaire. Mais prenons ce soubresaut inattendu d’une manière positive : c’est la première fois depuis des mois qu’on reparle de réouverture des frontières. Espérons que le refus de l’administration Biden soit transitoire et qu’une fois installés à la tête de l’Etat, ils reviendront sur leur décision, et le plus vite possible.

En juillet dernier, l’Union Européenne avait fait une timide tentative de réouverture des frontières extérieures de l’Europe, en publiant une liste très conservatrice d’une quinzaine de pays de nouveau autorisés à voyager vers l’UE, comprenant notamment quelques pays d’Asie, mais pas les Etats-Unis. Une ouverture de principe, car en réalité, certains pays de cette liste comme l’Australie ou la Nouvelle Zélande imposent des quarantaines drastiques pour les voyageurs en provenance de l’Union Européenne, rendant de fait impossible les voyages touristiques. Alors que cette liste était originellement appelée à être revue à la hausse tous les 15 jours, plus aucune annonce ne fut faite jusqu’en octobre, où quelques pays furent au contraire rayés de la liste. Les Etats-Unis ayant clairement énoncé depuis le début de l’épidémie qu’ils ne rouvriraient leurs frontières qu’avec des pays proposant la réciprocité, les choses semblent pour l’instant bloquées, et les 2ème, 3ème et n-ièmes confinements français n’aident évidemment pas.

Les conséquences sur l’industrie du tourisme, dont les USA et la France occupent respectivement les 1ère et 3ème place mondiale en termes de recettes, sont évidemment catastrophiques. On parle ici de 220 milliards de dollars pour les USA et de près de 60 milliards de dollars pour la France. De tels volumes d’activités ne peuvent pas être compensés par des aides gouvernementales. Pour ne regarder à titre d’exemple que notre cas personnel, notre chiffre d’affaires a chuté de 98%, nos seules activités rémunératrices venant de quelques prestations de hotline pour des séjours de Français résidant déjà aux Etats-Unis. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur le niveau d’indemnisation des autres acteurs du secteur, mais à titre personnel, nous n’avons touché qu’une fraction de nos revenus habituels, les règles kafkaïennes d’indemnisation de la bureaucratie en charge de gérer ces dossiers nous refusant la majorité de nos demandes à ce jour. Malgré cela, nous pouvons avoir trois raisons d’espérer une reprise progressive de l’activité touristique internationale dans le courant de l’année 2021.

Trois raisons d’espérer une réouverture en 2021

Tout d’abord, il semble désormais clairement acquis que le virus est très sensible aux évolutions du climat, ce qui conduit à une chute drastique des contaminations en période estivale. C’est ce qui a été constaté un peu partout l’été dernier. La disparition quasi-totale des règles de confinement et d’une bonne partie des règles de distanciation liées au premier confinement n’ont pas conduit pendant l’été à une seconde vague, qui n’arrivera finalement qu’après les baisses de température de l’automne. En dehors de toute autre considération, l’expérience de l’année dernière devrait logiquement conduire les décideurs à profiter de l’été pour relâcher les restrictions et relancer l’activité touristique internationale aujourd’hui maintenue en coma artificiel prolongé. Si on ne le fait pas pour l’été 2021, on peut réellement se poser la question de savoir si on le refera un jour. 

Deuxièmement, les campagnes de vaccination sont désormais lancées. Quelles que soient les opinions personnelles de chacun sur les vaccins, toute la stratégie des gouvernements de part le monde fut, depuis presque un an, le confinement en attendant les vaccins. Les vaccins sont finalement là. On parle de 15 millions de Français vaccinés d’ici juin prochain. Aux Etats-Unis on approche actuellement les 3 millions de personnes vaccinées et les 12 millions de doses distribuées. D’ici la fin février, les USA tablent sur 100 millions de personnes vaccinées. Et d’ici l’été, tous les Américains souhaitant être vaccinés auront accès à cette possibilité. Alors certes 100% des populations n’auront pas été vaccinées d’ici cet été, mais tous les plus fragiles le seront, ceux qui composent 70-80% des réanimations et 80-90% des décès. Dès lors, il semble difficilement justifiable de maintenir les restrictions si la très grande majorité des personnes à risque sont à l’abri des conséquences graves du virus. Bonne ou mauvaise, c’était la stratégie choisie. La conjonction d’une période estivale avec une circulation basse du virus et d’une vaccination large des personnes les plus à risque plaide donc pour un été aussi “normal” que possible.

Enfin, troisième et dernier point : les restrictions durent depuis 10 mois désormais. Elles semblent promises à perdurer pendant tout l’hiver et peut-être un bout du printemps. Arrivé l’été on en sera à 15 mois de fermeture des frontières, confinements et autres couvre-feux. L’industrie touristique, fragilisée comme jamais, ne passera pas un second été sans une reprise du tourisme international. Si tel n’est pas le cas, le printemps verra des vagues de faillite sans précédent, faute de réservation pour l’été et du cashflow correspondant. Toutes les aides des Etats n’y suffiront pas. 

Une réouverture des frontières semble ainsi possible avant l’été, grâce à la diminution naturelle de la circulation du virus liée à la remontée des températures au printemps et à la diffusion des vaccins auprès des populations les plus à risque. Elle est également nécessaire économiquement si l’on veut tenter de sauver une industrie qui représente 10% de l’activité économique dans le monde, des millions d’emplois en France et aux Etats-Unis. Tout ce qui manque aujourd’hui, c’est le courage politique d’annoncer au plus tôt une réouverture programmée pour le printemps ou l’été. S’il est probable que les décideurs pensent que les frontières seront rouvertes d’ici l’été, il nous paraît capital qu’ils prennent conscience que le tourisme international n’est pas une affaire de dernière minute. Une visibilité à plusieurs mois est impérative pour sécuriser les réservations du secteur, que ce soit dans le domaine de l’aérien ou de l’hôtellerie.

Comment préparer un séjour aux Etats-Unis en 2021

Faute d’annonce, le niveau des réservations est aujourd’hui toujours au plus bas. En conséquence de quoi, pour l’instant, le prix des avions reste historiquement bas pour l’hiver, le printemps, mais également pour l’été et l’automne prochain. On trouve des Paris/New York en juillet ou août à partir de 280-300€ chez TAP, 380-400€ chez Aer Lingus ou 500€ chez Air France, prix qui pouvaient correspondre auparavant à des opérations flash extrêmement furtives. La Côte Ouest est également accessible à des tarifs anormalement bas : à partir de 500€ pour San Francisco ou Los Angeles chez Aer Lingus ou Air Canada, et même 550€ chez Air France pour San Francisco en vol direct. Miami est un peu plus cher (480-500 par TAP et 800€ par Air France). Même des villes comme Denver ou Las Vegas affichent des tarifs très intéressants (entre 550 et 700 par British Airways, Air Canada, United ou Air France). 

Pour réserver, il faut néanmoins, en raison du contexte, prendre soin de bien regarder deux points : les conditions de modification et/ou annulation d’une part, et le site de réservation d’autre part. A ces tarifs attractifs, on ne trouve a priori pas de vols annulables sans frais voir annulables tout court. Mais on trouve des tarifs proposant une modification de dates sans frais (avec ajustement des tarifs si le nouveau vol est plus cher). Cela nous parait un bon compromis. Sur Air France, a priori, les réservations pour des séjours jusqu’à septembre prochain, et réservés avant le 31 mars, bénéficient d’une possibilité d’annulation gratuite, sous forme d’avoir (remboursable au bout d’un an), ainsi que de la modification gratuite des dates du vol. A partir du 1er avril, les vols proposés ne seront plus annulables.

Par contre, nous déconseillons désormais de réserver autrement que directement sur le site de la compagnie aérienne. Il est primordial de minimiser les intermédiaires. Cette année, le magasin 60 millions de consommateurs a décerné son Cactus d’Or de la pire société de l’année pour son comportement face aux consommateurs, au groupe eDreams/GoVoyage/Opodo, et ce toutes catégories confondues. Nous en savons quelque chose : nous avons toujours 5 billets à nous faire rembourser par Opodo, achetés il y maintenant 15 mois, pour un vol annulé il y a plus de 6 mois (la limite légale pour un remboursement de vol annulé est de 7 … jours). Selon notre expérience sur les plusieurs dizaines de dossiers que nous avons vu passer, se faire rembourser est toujours plus simple si l’on traite directement avec la compagnie aérienne. De surcroît, nous conseillerions pour cette année de vous cantonner aux grandes compagnies nationales, qui, quoiqu’on en dise, bénéficient du soutien de leurs gouvernements respectifs. Il nous paraît risqué de réserver sur des compagnies aériennes indépendantes et de taille plus modeste : ce seront les premières lâchées en cas d’aggravation de la situation économique.

En dehors du vol, nous vous conseillons pour cette année particulière (et contrairement aux années passées) de ne prendre que des réservations annulables sans frais, et de préférence, ne nécessitant pas de faire l’avance des fonds. C’est notamment vrai pour les hôtels et pour la location de voiture. Certes, c’est souvent plus cher, mais mieux vaut prévenir que guérir : les sites de réservation ne seront pas aussi conciliants si des annulations en masse devaient se reproduire l’été prochain, par rapport à ce qui a été pratiqué l’été dernier. Toutes les indications sur les sites de réservation données au cours du processus de réservation vont aujourd’hui dans ce sens.

Où partir aux Etats-Unis en 2021 et à quoi s’attendre sur place ?

Pour cette année un peu particulière, nous conseillons de privilégier les espaces naturels plutôt que les grands centres urbains. En effet, plus vous vous éloignerez de la civilisation, moins vous risquerez d’être rattrapé par des restes de mesures contraignantes, comme le port du masque ou la fermeture des restaurants. Le plateau du Colorado, le Sud Dakota, le Wyoming, Yellowstone, l’Idaho, l’Utah, l’Arizona nous paraissent d’excellents choix de destination dans l’Ouest. Au sud, le Texas ou la Floride, et dans une moindre mesure la Louisiane sont également des options intéressantes et moins soumises à des politiques de restrictions strictes. 

Nous vous conseillons également de simplifier vos projets : évitez les vols internes si possible, ainsi que d’arriver et repartir sur des aéroports différents. Soyez flexibles. Cette année pourrait également être une bonne occasion de vous initier aux joies du camping dans les espaces sauvages de l’Ouest Américain : c’est la garantie de passer un été déconfiné, au grand air, dans des paysages sublimes, en toute autonomie. C’est également une solution économique.

Ensuite, il faudra un peu plus de souplesse et d’adaptation qu’en temps normal. Les conséquences du Covid et les décisions politiques en matière de santé publique sont avant tout locales aux Etats-Unis. Il est par conséquent très difficile de s’enquérir à l’avance des règles changeantes, qui ne sont pas uniformes sur tout le territoire américain, avec des décisions prises au niveau de chaque Etat, mais aussi de chaque comté, voire de chaque municipalité (aperçu des mesures en vigueur par Etat sur ce site). Nous avons ainsi accompagné plusieurs familles françaises vivant aux Etats-Unis, l’été dernier, à l’automne et cet hiver, et avons vraiment constaté qu’il était difficile de se rendre compte à distance des contraintes locales. Assurément, si les frontières rouvraient pour le printemps ou l’été, on peut s’attendre à un relâchement simultané des contraintes. Mais néanmoins, il faudra faire preuve de plus de souplesse et d’adaptation sur place qu’à l’accoutumée. 

Qu’avons-nous prévu pour 2021 ?

Actuellement, nous avons des réservations pour février prochain pour New York, pour une semaine. Nous doutons évidemment de plus en plus de la faisabilité de ce voyage, et envisageons donc de faire reporter nos billets pour début octobre prochain s’il se confirmait que les frontières ne seraient pas rouvertes en tout début d’année. 

Nous avons également des billets pour cet été, pour un peu plus de 5 semaines entre juillet et août. Ce sont des aller-retours pour Las Vegas où nous avons l’intention de faire un périple très sauvage dans le Nevada et l’Idaho, avant de redescendre sur l’Utah. Beaucoup de camping, beaucoup de lieux reculés, sauvages et à l’écart de la civilisation, du port du masque et des soucis de cette année 2020 qui vient de s’achever. 

Nous sommes également en train de réfléchir à réserver des billets pour la Toussaint 2021 : les prix extrêmement bas que l’on trouve pour des vols Paris/Las Vegas (entre 300 et 400€) à cette période nous titillent depuis quelques jours. Le projet serait de traverser le Grand Canyon d’une rive à l’autre (Rim to Rim) : une descente de 23 km avec 1.8 km de dénivelé depuis Grand Canyon North Rim jusqu’au fleuve Colorado, via le North Kaibab Trail, puis une remontée de 15 km avec 1.4 km de dénivelé pour rejoindre Grand Canyon South Rim via le Bright Angel Trail. L’automne est la saison idéale pour cette randonnée hors norme qui nous tente depuis quelques années déjà, mais compliquée à mettre en place lors de nos visites estivales à cause de la chaleur extrême en été au fond du canyon.

En conclusion

Peut-on être sûr de la réouverture des frontières, préparer un séjour pour l’été 2021 avec la garantie absolue qu’il ne sera pas annulé ? Evidemment non. Si l’année passée nous a appris quelque chose, c’est que les certitudes absolues ne sont plus de ce monde. En tout cas pas encore. Néanmoins, il nous paraît raisonnable de se projeter avec une certaine confiance sur une reprise du tourisme au printemps ou à l’été prochain. Et pour des gens comme nous qui vivons littéralement du tourisme, mais surtout qui vivons pour le voyage (c’est notre passion et notre raison d’être), se projeter sur des voyages dans l’année qui s’ouvre est aujourd’hui moins une question de certitude que de nécessité vitale. Pour tous ceux qui partagent notre besoin de rencontre, de partage, d’aventure et de découverte, programmer un beau voyage est sans nul doute la béquille dont nous avons besoin pour franchir indemne les derniers mois de l’ère Covid, et la perspective indispensable pour définitivement tourner la page d’une année à oublier au plus vite.

2 Commentaires

  1. sauvaget samuel

    Bonjour,
    Je viens de faire un don suite à votre newsletter. Nous n’avons pas fait appel à vos services mais votre blog à été une mine incroyable d’information lors de notre voyage aux EU l’été 2019. Longue vie à vous et bonne continuation !

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    1. Voyager-aux-Etats-Unis.com (Auteur de l'article)

      Merci !
      Nous sommes ravis que le blog ait pu vous contribuer positivement à la préparation de votre périple.

      Répondre

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